mercredi 1 mai 2024

Mrs.Dalloway- Virginia Woolf

"She had the perpetual sense, as she watched the taxi cabs, of being out, out, far out to sea and alone, she always had the feeling that it was very, very, dangerous to live even one day". 

Auteur: Virginia Woolf

Genre: Roman 

Edition: World Cloud Classics 

Date de publication: 1925

Nombre de pages: 207 

Synopsis: Ce livre raconte l'histoire de Clarisse Dalloway, une jeune femme élégante et distinguée, déambulant dans les rues de Londres à la recherche de fleurs pour une réception donnée par son mari dans leur majestueuse demeure, explorant par la même occasion des bribes de son passé mystérieux. Un passé qui va refaire surface dans sa vie, bousculant toute la routine que cette dernière avait adoptée durant de nombreuses années, une routine calquée sur le déni de ses sentiments, sur l'oubli de ses amants déchus, de ses passions inavouées et sur l'importance de l'apparence et du paraitre en société. 

Mon avis:

J'ai trouvé ce roman d'une élégance, d'une subtilité et d'une sobriété rare. Une fois de plus, j'ai été conquise par un roman de l'incontournable autrice, "Virginia Woolf". Une autrice qui arrive à poser des mots sur ce qui nous échappe dans notre quotidien, faisant de notre réalité, sa réalité. 

En effet, ce roman dépeint merveilleusement bien la déchéance et l'hypocrisie de la société du 20ème siècle au lendemain de la première guerre mondiale. Une société qui a perdu non seulement le goût de vivre mais aussi l'importance de la quête de la beauté dans leur quotidien. 

J'ai beaucoup aimé ce roman que je trouve très bien écrit et subtil dans ses intentions. Subtil non seulement dans la description des personnages, le contexte politico-social de l'apres guerre et les satyres qu'il renferme mais aussi dans l'approche délicate concernant un sujet tabou à l'époque, la "dépression". 

Ce qui m'a le plus marqué dans ce roman c'est le parallélisme que l'on peut faire entre Clarissa Dalloway et les fleurs qu'elle achète pour sa réception. En effet, comme le dit Virginia Woolf, " Mrs Dalloway said she would buy the flowers herself" et " Mrs Dalloway is always giving parties to cover the silence". Ainsi, on peut non seulement relier la beauté des fleurs que cette dernière achète à son côté superficiel et égocentrique mais aussi relier par la même occasion le côté éphémère des fleurs ainsi que les épines présentes sur les tiges à la sensibilité et aux pensées de cette dernière, aussi bien enfouies en elle que l'eau absorbée par les fleurs. 

Enfin, je tiens à saluer le courage de Woolf de traiter un sujet délicat à son époque qui n'est autre que la dépression. Un sujet qu'elle traite brillamment à travers l'alter ego de Clarissa Dalloway dans le roman, "Septimus Warren Smith", un ancien soldat portant en lui les atrocités et les blessures indélébiles d'une guerre inhumaine et destructrice. Un soldat qui va sombrer malgré lui dans la folie quitte à en perdre le goût de vivre. Ainsi, Woolf qui a souffert elle-même de dépression mentale durant sa vie la menant au suicide utilise dans ce roman sa propre expérience afin de décrire avec le plus de réalisme, de verité et d'honnêteté possible la maladie dont souffre ce jeune soldat. 

FUN FACTS: 

  • Le roman "Mrs Dalloway" devait s'appeler initialement "The hours" faisant référence à l'histoire du roman qui se dérouler en une seule journée, rythmée par les aiguilles de Big Ben. 

  • Une adaptation cinématographique du livre "The hours" de Michael Cunnigham a vu le jour en 2002 par Stephen Daldry. Sa particularité étant qu'elle met en scène une journée cruciale des vies de trois femmes provenant de différentes époques et dont les destins sont liés par le roman "Mrs. Dalloway" de Virginia Woolf. 

lundi 12 février 2024

Tours et détours de la vilaine fille- Mario Vargas Llosa

" De cela aussi j'en voulais à Kiriko. Par sa faute, chez moi, les illusions qui font de l'existence quelque chose d'autre qu'une somme de routines s'étaient envolées. Parfois, je me sentais vieux". 

Auteur: Mario Vargas Llosa 

Genre: Roman

Edition: Folio 

Date de publication: 2006

Nombre de pages: 418 

Synopsis: Ce roman raconte l'histoire d'une maladie d'amour. Une maladie que va attraper Ricardo, un jeune péruvien lors de sa rencontre avec "Lily" ou plutôt celle qu'il appellera pendant tout le livre "vilaine fille". Ce livre montre de manière très réaliste et crue les déboires de l'amour ainsi que l'obsession malsaine qui peut en résulter. Ricardo, un éternel romantique, admiratif de la beauté et de l'élégance féminine est condamné à poursuivre la mystérieuse "vilaine fille" de ville en ville, de pays en pays, d'année en année, sans jamais pouvoir atteindre et gagner véritablement son coeur. 

Mon avis: 

Je vais être tout à fait honnête avec vous, j'ai pris pas mal de temps avant de m'imprégner de l'histoire racontée et de m'attacher aux personnages. En effet, je trouve que le début du roman est assez lent et redondant et je peinais à comprendre son intérêt.  

Mais au fil des pages, j'ai compris la subtilité qui se cachait derrière l'histoire racontée. J'ai pu entrevoir entre les mots de l'auteur ce qu'il dénonçait: l'amour obsessionnel et la quête de l'inaccessible. 

Je trouve que Mario Vargas Llosa a eu l'intelligence d'esprit d'écrire des personnages qui ne sont pas forcément attachants ou même intéressants pour justement encore mieux mettre en valeur la toxicité d'un amour passionnel unilatéral. Ainsi, en retirant la lumiere des projecteurs de ses personnages, il choisit de mettre en lumière un sujet qui nous touchent à tous en tant qu'être humain doué de sensibilité: l'amour. 

Cependant, je trouve que l'histoire reste un peu dans la superficialité. Cette dernière aurait notamment gagné en profondeur avec plus de dialogues et d'interactions entre les personnages. 

Je tiens quand même à souligner le cadre immersif qu'a réussit à créer l'auteur grâce au métier de traducteur donné à son personnage principal. Un métier qui permet à ce dernier de voyager, de découvrir le monde qui l'entoure et donc de rapporter de l'exotisme et du relief au roman. 

Enfin, je pense que ce qui m'a le plus marqué dans ce roman est le fait que le lecteur qu'il soit de sexe masculin ou féminin peut s'identifier et se retrouver en ces deux personnages totalement différents. Je pense que chacun de nous a déjà été dans la peau du pauvre Ricardo, aveuglé et rongé par un amour qu'il n'obtiendra jamais ou dans la peau de la "vilaine fille", insensible et cherchant dans l'amour reçu des autres un moteur de confiance en soi et de pouvoir. 

" Si soudain nous sentons que nous mourrons et nous demandons quelle trace nous laisserons de notre passage dans ce chenil? La réponse honnête serait: aucune, nous n'avons rien fait si ce n'est parler pour d'autres. Que signifie, sinon, avoir traduit des milliers de mots dont nous ne nous rappelons aucun, car aucun ne méritait qu'on s'en souvienne?" (sur le métier de traducteur).  

FUN FACTS: 

  • Mario Vargas Llosa est considéré comme l'un des chefs de file de la littérature latino-américaine. 

  • Mario Vargas Llosa a gagné le prix Nobel de la littérature en 2010. 

Article inédit: Les auteurs "ignorés de leur vivant" et "glorifiés après leur mort"

Je me suis toujours posée la question suivante: Pourquoi le talent de certains auteurs n'est reconnu qu'après leur mort? 

Pour répondre à cette question je me suis penchée sur le cas des auteurs suivants: 

-Emily Dickinson 

-Les soeurs Brontë

-Jane Austen 

-Oscar Wilde 

1- Emily Dickinson 

" A word is dead when it is said. Some say, I say it just begins to live that day". 

Même si Emily Dickinson est considérée aujourd'hui comme l'une des figures les plus marquantes de la littérature américaine, le chemin parcouru pour y parvenir a été très long. Cette dernière n'a jamais été reconnue de son vivant et ses écrits n'ont connu le succès qu'après sa mort. 

Emily Dickinson a été ignorée et oubliée de son vivant pour deux raisons principales. 

La première raison est liée au fait que les seuls poèmes qu'elle a accepté de publier et de révéler au public étaient signés au nom de son frère Austin Dickinson étant donné qu'à son époque la femme n'avait pas sa place dans le milieu littéraire. 

La deuxième raison est due au fait qu'Emily était une éternelle recluse. Recluse de la vie extérieure, ne regardant le monde qu'à travers la fenêtre de sa chambre et recluse de son écriture qu'elle ne gardait que pour elle et dont avait connaissance uniquement sa famille et ses amis proches. 

Son anonymat résultait donc des conventions sociales de son époque et de son désir de rester à l'écart du monde et de la célébrité. C'était comme si elle voulait préserver ses poèmes pour elle-même. 

C'est sa plus jeune soeur Lavinia qui a permit aux poèmes de cette unique poétesse de voir le jour en retrouvant plus de 800 écrits dans la cachette de poèmes d'Emily. Le premier recueil posthume d'Emily Dickinson n'a été publié qu'en 1890 par Thomas Wentworth Higginson et Mabel Loomis Todd, des auteurs fascinés par son talent. Une compilation complète des poèmes d'Emily n'a été publiée qu'en 1955. 

2- Les soeurs Brontë

Les écrits des soeurs Brontë sont le parfait exemple que parfois une oeuvre littéraire peut être mise sur le côté et dénigrée par une époque et une société qui ne sont pas encore prêtes à l'accueillir. 

Emily Brontë, Charlotte Brontë et Anne Brontë ont été pour cette raison condamnées à publier leurs écrits sous le nom de pseudonymes masculins, Elly (Emily), Currer (Cahrlotte) et Acton (Anne). 

Charlotte Brontë voulait vraiment publier ses écrits son son nom féminin mais elle a expliqué plus tard dans les notices biographiques de ses soeurs la raison suivante pour laquelle elle ne pouvait pas le faire: "Nous n'aimions pas nous déclarer femmes, car nous avions une vague impression que les autorités sont susceptibles d'être regardées avec préjugés". 

Le plus triste est le fait que ces trois soeurs talentueuses vécurent dans la misère et moururent très jeunes avant de connaitre le succès qu'elles méritaient. 


3- Jane Austen 

La réputation de Jane Austen n'est montée en flèche qu'au début du 20ème siècle. Aujourd'hui, ses oeuvres comme "Pride and Prejudice", "Sense and Sensibility" ou "Emma" sont considérées comme les plus grands classiques littéraires. 

Jane Austen était une avant gardiste des époques qui lui ont succédées. Cette dernière a notamment oeuvré sans le savoir aux prémices du féminisme dans la littérature que ce soit avec la modernité de son écriture, son audace ou même sa liberté de propos.  

Ce qui est le plus remarquable dans ses écrits reste le fait que ses oeuvres ont permis pour la première fois de décrire l'intimité des femmes, que ce soit l'intimité de leur vie ou l'intimité de leurs émotions, sans passer par les mots d'un homme. 

Enfin, c'est surtout le cinéma qui a grandement contribué à la popularité des oeuvres de Jane Austen, notamment avec l'adaptation cinématographique de "Pride and Prejudice" sortie en 2005 avec les célèbres acteurs Keira Knightley et Matthew Macfadyen. 

4- Oscar Wilde

"C'est la mission de l'art, nous faire faire une pause et regarder une chose une deuxième fois". 

Pour Oscar Wilde, la littérature est un moyen de faire voir aux lecteurs ce qu'ils regardent tous les jours mais ne voient pas vraiment. 

De plus, cet auteur a subi beaucoup d'obstacles dans son parcours d'écrivain, que ce soit par les nombreuses critiques sociales qu'il a subit concernant la modernité et la provocation de certains de ses écrits ou encore sur son homosexualité réprimée pénalement à son époque. 

Mais ce dernier ne s'est pas laissé affecter par toutes ces critiques, au contraire, il s'est battu pour continuer à écrire pour exprimer ses opinions, dénoncer les vices des hommes et de la société de son époque et surtout représenter dans ses écrits des êtres dotés de vices avec un réalisme et une précision inouïe.

"Les gens ordinaires attendaient que la vie leur révèle ses secrets, mais à quelques-uns, aux élus, les mystères de la vie étaient révélés avant que le voile ne soit levé". 

"La littérature anticipe toujours la vie. Elle ne la copie pas, mais la façonne à son but". 



samedi 3 février 2024

Tess of the d'Urbervilles- Thomas Hardy

 " She was no longer the milkmaid, but a visionary essence of woman, a whole sex condensed into one typical form. He called her Artemis, Demeter, and other fanciful names". 

Auteur: Thomas Hardy 

Genre: Roman 

Edition: Collectable Classics 

Date de publication: 1891

Nombre de pages: 549

Synopsis: Ce roman prend place au coeur de la révolution industrielle, une période de l'histoire marquée par l'apparition du capitalisme et du culte du dur labeur. Thomas Hardy a souhaité bâtir ce roman autour d'un personnage féminin, Tess d'Urbervilles, une héroïne victime des conventions sexistes et de l'hypocrisie de son époque. Ce roman est porteur d'une très belle morale, celle selon laquelle la noblesse de coeur et la droiture intérieure sont beaucoup plus importantes que le prestige et la richesse découlant de la noblesse de rang.  


Mon avis:

J'ai été agréablement surprise lors de ma lecture par la subtilité des messages que souhaite transmettre l'auteur. En effet, ce roman dépeint non seulement un portrait très réaliste des vices humains de l'époque victorienne du 19ème siècle mais il fait aussi et principalement l'objet d'innombrables morales qui nous parlent même à notre époque actuelle. 

Le message le plus fort restant selon moi celui selon lequel il faut juger la volonté et le caractère d'une personne avant de juger ses actions. 

De plus, je trouve que le personnage de Tess d'Urbervilles est très bien écrit. Elle est le parfait exemple de la jeune femme naïve, innocente, insouciante et perdue dans sa vie. Mais ce personnage ne se limite pas seulement à ces caractéristiques, Hardy a eu le génie de lui donner plus de substance en la sortant de sa zone de confort et de son village pour la faire travailler durement en tant que fermière. Tout au long de ce roman c'est donc le travail qui la porte, une labeur physique écrasante et pénible qui devient pour elle non pas une source de douleur mais un véritable refuge, une sorte de rédemption et une liberté. 

" The air was fresh and keen there was a whisper of spring in it that cheered the workers on. Something in the place, the hours, the crackling fires, the fantastic mysteries of light and blue shade, made others as well as Tess enjoy being there". 

"By going on with her work she felt better able to keep him outside her emotions". 

Ce que je trouve d'autant plus remarquable dans ce roman, c'est la manière avec laquelle Thomas Hardy dénonce la réification de la femme et le fait qu'elle n'existe qu'à travers le regard des hommes qui l'entourent. En effet, tout au long du roman, Hardy va donner à Tess l'opportunité de se libérer de cette chosification imposée par la société et par ses parents afin d'exister pour elle même, en s'encrant dans la terre avec ses mains de fermière. 

Enfin, ce qui m'a beaucoup marqué dans ce roman est la démystification de l'image de la femme "parfaite". Tess est l'héroïne de ce roman non pas parce qu'elle démontre d'une beauté fulgurante et d'une haute éducation mais tout simplement parce qu'elle est imparfaite et qu'elle reconnait et assume fièrement et courageusement les erreurs qu'elle a commis dans sa vie. Cette dernière est une réelle source d'inspiration pour les lectrices du 19ème siècle comme pour les lectrices d'aujourd'hui qui comprennent en lisant ce roman qu'il ne faut pas avoir peur de se montrer telles qu'on est vraiment, avec nos qualités et nos vices. 

" It was the touch of the imperfect upon the would be perfect that gave the sweetness, because it was that which gave the humanity". 

" The beauty or ugliness of a character lay not only in its achievements, but in its aims and impulses, its true history lay, not among things done, but among things willed". 


FUN FACTS: 

  • "Tess d'Urbervilles" est l'une des oeuvres les plus tragiques de Thomas Hardy. 

  • Thomas Hardy est profondément attaché au monde rural qui est un thème très récurrent dans ses oeuvres. Il cherche donc à rendre hommage et à faire honneur aux personnes de l'ombre, les "fermiers", "les paysans" qui travaillent dur. 

  • Il y aurait une rumeur selon laquelle Thomas Hardy a fortement été inspiré par une laitière de son époque pour dépeindre avec beaucoup de réalisme le personnage de Tess d'Urbervilles. 


mercredi 3 janvier 2024

The Great Gatsby- Scott Fitzgerald

"In his blue gardens men and girls came and went like moths among the whisperings and the champagne and the stars". 

Auteur: Scott Fitzgerald 

Genre: Roman 

Edition: Collectable Classics 

Date de publication: 1925 

Nombre de pages: 256

Synopsis: Ce roman débute avec l'arrivée à New York de Nick Carraway, un jeune trentenaire souhaitant travailler dans la finance comme agent de change. Par un curieux hasard, ce dernier s'installe dans le quartier de West Egg, dans une propriété en face de celle du grand et mystérieux Jay Gatsby, un jeune millionaire au passé flou et louche donnant très fréquemment des réceptions somptueuses dans sa villa. La rencontre de Nick Carraway avec son mystérieux voisin va le pousser à enquêter sur le passé de Gatsby, un homme qui ne lui est pas tout à fait étranger, étant donné que ce dernier cherche désespérément à renouer avec son amour de jeunesse, Daisy, qui n'est autre que la cousine de Nick.  

Mon avis:

"And so we beat on, boats against the current, borne back ceaselessly into the past". Cette phrase est celle avec laquelle le célèbre écrivain Scott Fitzgerald a choisi de clôturer son roman "The Great Gatsby" et c'est plus précisément cette phrase qui m'a encore plus fait tomber sous le charme de ce roman. 

En effet, "The Great Gatsby" n'est pas seulement une fiction qui dépeint la société du début du 20ème siècle à la sortie de la guerre, c'est aussi un livre porteur d'une triste réalité, celle que parfois, quoiqu'on fasse, même si on souhaite aller de l'avant et avancer dans notre vie, notre passé finit toujours par nous rattraper. D'où l'importance de faire les bons choix pour ne pas être rongé par les regrets et les remords par la suite. 

"The Great Gatsby" est l'exemple parfait que l'argent ne fait pas le bonheur et qu'il détruit petit à petit toute illusion de bonheur. J'ai beaucoup aimé le personnage de Jay Gatsby. Même si ce dernier est le prototype du nouveau riche charismatique et imposant, Fitzgerald à l'aide de sa si belle plume a réussit à montrer le vrai visage de ce dernier qui n'est qu'un homme ambitieux, courageux, romantique mais très vulnérable. Ce dernier est vulnérable à cause de l'amour qu'il ressent pour Daisy, son amour de jeunesse qui est déjà mariée à un homme riche. Pour moi, c'est cette meme vulnérabilité qui fait tout le charme de Gatsby. Je trouve que l'insoutenable poids de l'amour qu'il ressent est attendrissant et touchant. 

Je trouve également que l'histoire de ce roman est très bien ficelée. Le fait que Nick Carraway soit à la fois un personnage essentiel du roman et le narrateur de l'histoire permet au lecteur de mieux s'immiscer dans l'histoire racontée et de mieux comprendre les personnages complexes qu'elle met en oeuvre. 

De plus, ce qui fait que "The Great Gatsby" est un roman aussi célèbre et attrayant est tout simplement le fait que l'histoire se déroule dans les années folles, les "Roaring twenties", une période marquée par la fin de la Première Guerre mondiale et caractérisée par la recherche du plaisir, de la liberté et du divertissement. Durant cette période, la démesure et la décadence étaient la norme. 

Entre les thèmes de l'amour, des relations extra-conjugales, de l'argent, de la corruption, de la décadence et des excès, le lecteur n'a pas d'autre choix que de plonger tête la première dans ce roman aussi intriguant que divertissant. 

FUN FACTS: 

  • "The Great Gatsby" est un roman qui fait la distinction entre les "Nouveaux riches" qui se sont fait par eux-mêmes comme Jay Gatsby et les "Old money" qui sont ceux qui gravitent dans la haute société depuis leur plus jeune âge et qui ont hérité de leur fortune. 

  • Scott Fitzgerald exploite beaucoup le symbolisme dans "The Great Gatsby". Comme la lumière verte entourant la demeure de Jay Gatsby qui représente les rêves de ce dernier de retrouver Daisy et de gagner le respect des membres du quartier de East Egg (le quartier des "Old money") et comme la voiture jaune vif de Gatsby qui représente la façon futile avec laquelle les nouveaux riches dépensent leur argent. 

  • "The Great Gatsby" est considéré comme l'un des romans les plus célèbres et influents de la littérature anglaise du XXème siècle. 

  • Même si "The Great Gatsby" est catégorisé comme un roman de fiction, ce dernier est basé sur des personnalités de l'époque et des lieux réels. 

  • "The Great Gatsby" a été adapté au cinéma en 2013 par Baz Luhrmann. (Une très belle adaptation cinématographique avec les célèbres acteurs Leonardo DiCaprio et Tobey Maguire). 


mercredi 13 décembre 2023

Je n'obtiens que des réponses idiotes- Marco Federici Solari

"Nous divergeons surement sur de nombreux points, vous et moi, plus que nous ne l'imaginons sans doute, mais nous sommes unis dans notre désir de trouver la beauté en toute chose". 


Auteur:
Marco Federici Solari 

Genre: Recueil de lettres (écrites par Oscar Wilde)

Edition: L'Orma Editions 

Date de publication: 2021 

Nombre de pages: 62 

Synopsis: Ce livre est un recueil de lettres écrites par Oscar Wilde. Des lettres écrites par l'un des écrivains les plus talentueux du 19ème siècle. Un écrivain qui a mené une vie passionnante, fascinante mais incontestablement tragique. 




Mon avis:

" Je n'ai rien à déclarer, hormis mon génie". Cette phrase écrite par Oscar Wilde dans une de ses lettres reflète parfaitement bien la personnalité de cet incontournable auteur. En effet, ce dernier était un génie de l'écriture, incarnant à la fois le cynisme, la prétention et le génie. 

Oscar Wilde est sans hésiter un de mes auteurs préférés qui se démarque des autres auteurs de par son souci de l'esthétisme et le désir qu'il porte en lui de trouver la beauté en toute chose, notamment dans les choses simples de la vie. 

J'ai beaucoup aimé ma lecture, je trouve que c'est très intéressant de lire et d'observer de plus près les lettres rédigées par Oscar Wilde. Pour moi, il n'y a rien de plus beau et d'intime que des lettres. Une lettre est un moyen esthétique et secret de coucher sur le papier notre ressenti, nos émotions les plus enfouies et nos sentiments les plus ternes, les plus vifs et les plus inavouables. 

Au fil de ma lecture de toutes les lettres compilées dans ce roman, mon admiration pour cet auteur n'a cessé de croitre et de s'intensifier. Pour moi, un auteur ne se résume pas uniquement à un bout de papier, à un stylo ou à un style d'écriture, il est bien plus que cela. Il est avant tout et surtout une âme, une âme qui brille d'une intensité plus forte que celle des autres. Une intensité qui provient de son art, qui n'est autre que le pouvoir de retranscrire avec des mots ce qui est inexplicable, inexprimable et inaccessible. 

Je vous laisse avec mes passages préférés de ce recueil: 

" L'art est le résultat mathématique d'un désir sensitif de beauté. S'il n'est pas bien pensé, il n'est rien". 

"Ne craignez jamais de détruire la tragédie en suscitant le rire. Au contraire, vous l'intensifiez. Le drame s'adresse à la nature humaine et doit avoir pour fondement ultime la science de la psychologie et de la physiologie. Mais l'un des aspects de la physiologie est le désir que chaque émotion très intense soit soulagée par une autre d'ordre contraire." 

"Il n'existe pas d'expérience romantique, il existe des souvenirs romantiques et le désir de romance, c'est tout. Nos moments d'extase les plus vifs ne sont que les ombres de de ce que nous avons ressenti en d'autres lieux, ou de ce que nous brulons d'éprouver un jour". 

" Il m'arrive de penser que la vie artistique est un long et ravissant suicide, et je ne regrette point qu'il en soit ainsi". 

" Chaque homme voit ses propres péchés en Dorian Gray. Quels sont les péchés de Dorian Gray, nul ne le sait. Celui qui les décèle les a lui même induits". 

"C'est le spectateur et non la vie, que l'art reflète réellement". 

FUN FACTS: 

  • Oscar Wilde est enterré au cimetière du Père Lachaise à Paris. Au-dessus de sa tombe, on retrouve la statue d'un sphynx avec des ailes d'ange. Une légende raconte que quiconque embrasse le sphynx trouvera l'amour et ne le perdra jamais. 
  • Les parents d'Oscar Wilde étaient eux aussi des hommes de lettre. (Sa maman écrivait des poèmes et son papa des livres archéologiques). 
  • Oscar Wilde est né à Dublin, en Irlande. 
  • Oscar Wilde a été emprisonné dû à son homosexualité qui était interdite et constitutive d'un crime à son époque. Lors de sa sortie de prison, il s'exila en France et changea son nom en "Sebastian Melmoth". 


Rien n'est noir- Claire Berest

"Diego peint le monde entier sur des murs en cherchant un éclat transcendant. Frida peint le détail sur des toiles minuscules et ne cherche rien. Pourtant elle capture le monde entier". 


Auteur: Claire Berest 

Genre: Roman biographique 

Edition: Le livre de Poche 

Date de publication: 1994 

Nombre de pages: 240

Synopsis: Avec ce roman unique, Claire Berest souhaite rendre hommage à cette grande artiste mais aussi et principalement rendre hommage à la femme inspirante et tenace qu'elle était. 





Mon avis:

"Rien n'est noir" est un titre qui résume parfaitement bien la vie de cette femme qui malgré le fait que son existence ait été une suite de souffrances douloureuses, a su trouver dans le noir et dans l'obscurité de sa triste vie des rayons de lumière pour transformer son malheur en beauté artistique et utiliser la noirceur pour colorer non seulement ses toiles de peinture mais aussi le monde qui l'entourait.

De plus, ce roman met bien en valeur le fait que Frida a subi deux accidents majeurs dans sa vie, le premier étant l'accident de tramway qui lui a coûté sa colonne vertébrale et sa cavité pelvienne et le second étant sa rencontre avec Diego Rivera, le peintre mexicain le plus connu de son époque.

Comme le dit si bien Claire Berest, " elle ne voit que lui sans même avoir à le regarder". Toute la vie de Frida tournait autour de son mari Diego. Animée par la fougue artistique elle était aussi animée par un amour passionnel et incommensurable vis à vis de Diego, son âme sœur, sa raison de vivre.

"Le problème, c'est que Diego veut être aimé du monde entier et du siècle.

- Et toi, Frida ?

- Moi, je veux être aimée de Diego Rivera."

Ce roman fait indéniablement partie de mes romans coup de cœur. Je vous le conseille vivement. Il ne vous laissera pas indifférent. 

« À force de vouloir m’abriter en toi, j’ai perdu de vue que c’était toi, l’orage. Que c’est de toi que j’aurais dû vouloir m’abriter. Mais qui a envie de vivre abrité des orages? Et tout ça n’est pas triste, mi amor, parce que rien n’est noir, absolument rien. "

FUN FACTS: 
  • "Rien n'est noir" a remporté le Grand prix des lectrices ELLE en 2020. 



mardi 28 novembre 2023

Mes souvenirs de Jane Austen- James Edward Austen-Leigh

" Cette jeune femme a un vrai talent pour écrire les intrications, les sentiments et les personnages de la vie ordinaire, et c'est à mes yeux le plus merveilleux que j'aie jamais rencontré". 


Auteur: James Edward Austen-Leigh 

Genre: Roman 

Edition: Omnia Poche 

Date de publication: 1869

Nombre de pages: 294

Synopsis: Ce livre écrit par le neveu de Jane Austen est non seulement un recueil des souvenirs qu'il tient de cette dernière mais aussi un moyen de lui rendre hommage et de tenter  de percer un peu plus le mystère de son talent. De plus, ce roman contient également un chapitre rédigé par Jane Austen pour son oeuvre "Persuasion", supprimé avant sa publication et un extrait de son dernier roman inachevé "Sanditon". 


Mon avis:

Jane Austen fait incontestablement partie des mes auteurs préférés que j'admire et qui m'inspirent au quotidien. Je suis tombée sur ce livre tout à fait par hasard et je ne regrette aucunement qu'il ait croisé mon regard. 

Après l'avoir lu, je suis encore plus fascinée par cette autrice et par son génie littéraire. James Edward Austen-Leigh met en évidence tout le long du roman la particularité de cette autrice qui n'est autre que "son souci inégalable du détail" comme le met si bien en évidence le passage suivant tiré du roman, "on lui a reproché la minutie de ses détails, mais même quand elle produit sur le moment une certaine lassitude, doit-on qualifier de travers ce qui est absolument essentiel à une très haute excellence? Or, sans minutie, il est absolument impossible de créer une familiarité complète avec les personnages, nécessaire pour que le lecteur s'y intéresse ardemment. Qu'on retranche de l'Iliade ou des pièces de Shakespeare tout ce qui est absolument dépourvu d'importance ou d'interêt en soi ( loin de nous l'idée que l'une et les autres ne perdraient pas certaines parties avec profit, mais il s'agit ici de tout retrancher) et l'on trouvera que ce qui reste aura perdu plus de la moitié de ses charmes". 

Pour moi, ce passage résume parfaitement bien l'art de Jane Austen et l'intérêt de ses romans. En effet, beaucoup de personnes critiquent son style d'écriture et estiment que ses romans sont plats, sans intrigues et ennuyeux. Cependant, ces personnes là sont passées à côté de l'essentiel, la subtilité de l'écriture de cette grande autrice. 

Comme le souligne James Edward Austen-Leigh, Jane Austen possédait l'art de dresser avec un réalisme déconcertant le portrait de ses personnages tous inspirés du monde réel mais gravitant indéfiniment dans l'imaginaire de l'autrice et des lecteurs. 

Ainsi, même si Jane Austen était incomprise dans son temps, elle a réussit à gagner le coeur des lecteurs des générations qui lui ont succédées. Tous fascinés autant par sa plume que par tout ce que ces livres représentent, une satyre de la société, de la condition humaine et de la place de la femme dans un monde qui lui échappe. 

Je conseille ce roman à tous les fans de Jane Austen et de cet univers si particulier qui lui est propre, un univers bercé de réalisme, de beauté, de douceur et de romantisme. 

FUN FACTS: 

  • Ce recueil de souvenirs a largement contribué à faire connaitre les écrits de Jane Austen en Angleterre et dans le monde entier. 




lundi 20 novembre 2023

Le rocher de Tanios- Amin Maalouf

 " Lorsqu'un cataclysme se produit, moi je pense bien sûr aux gens et à leurs souffrances, mais je tremble tout autant pour les vestiges du temps passé".


Auteur: Amin Maalouf

Genre: Roman, Fiction historique 

Edition: Le livre de Poche 

Date de publication: 1993

Nombre de pages: 304 

Synopsis:Ce roman raconte l'histoire de Tanios, un enfant des montagnes libanaises qui va traverser de nombreuses épreuves dans sa vie qui vont lui donner une grande maturité malgré son jeune âge. Que ce soit le mystère de sa naissance, les conflits géopolitiques encerclant le Liban dans les années 1830 ou l'assassinat d'un chef religieux qui le contraignait à l'exil, ce roman mêle d'une manière remarquable l'histoire à la légende, la sagesse à l'insouciance et le courage à la lâcheté.  

Mon avis:

" Lorsqu'un cataclysme se produit, moi je pense biensûr aux gens et à leurs souffrances, mais je tremble tout autant pour les vestiges du temps passé. 

- Les ruines autant que les hommes? 

- Mais enfin, ces pierres façonnées, ces feuilles sur lesquelles à peiné l'auteur ou le copiste, ces toiles peintes, ces mosaïques, ce sont aussi des fragments d'humanité, c'est justement cette part de nous que nous espérons immortelle. Quel peintre voudrait survivre à ses toiles?"

C'est grâce à ce genre de dialogues bercés de douceur et de profondeur que je réalise à quel point les personnes qui ne lisent passent à côté d'une partie de leur humanité. Pour moi, l'écrivain est un poète de l'âme, il arrive à exprimer avec des mots les sentiments humains les plus enfouis et à décrire avec réalisme la beauté de notre monde. 

Le Rocher de Tanios est un roman qui me touche particulièrement étant libanaise. Malgré le fait qu'il s'agisse d'une fiction, j'ai pu retrouver parmi les lignes de cet auteur un trésor, celui de mes racines. 

Ce qui m'a le plus plu dans ce roman c'est surtout la variété des thèmes abordés. Que ce soit le jugement porté en société, les fausses rumeurs, l'injustice sociale, la dictature, la soif du pouvoir, la déchéance des dirigeants et la crédulité du peuple.  

De plus, Tanios est un personnage remarquable et attachant. Jeune de par son âge mais plein de bon sens et doté d'une maturité impressionnante. Du haut de ses dix-neuf ans, il remet déjà en cause les lois et les principes sociaux. 

Je pense que ce qui m'a le plus marqué est la construction de la narration. En effet, Amin Maalouf imagine, crée, accompagne mais aussi utilise ses personnages à des fins précises: transmettre un message et ouvrir les yeux du lecteur sur certaines choses. 

Amin Maalouf à travers ce roman met en évidence le fait que l'histoire se répète et que les hommes n'apprennent jamais de leurs erreurs. Toutefois, bien qu'il finisse le roman sur une note positive, cette dernière porte en elle une pointe de pessimisme. Le lecteur pense que l'histoire se termine avec le retour du cheikh, dirigeant adulé alors qu'en réalité il s'agit de l'éternel retour de la dictature et de la tyrannie. 

FUN FACTS: 

  • "Le Rocher de Tanios" a gagné le prix Goncourt en 1993. 

  • Les belles phrases que je retiens: "Tanios m'a dit: J'ai connu une femme. Je ne parle pas sa langue et elle ne parle pas la mienne, mais tout en haut de l'escalier elle m'attend. Un jour, je reviendrai frapper à sa porte pour lui dire que notre bateau s'apprête à partir".  " Le garçon se lassait faire, muet et incrédule, visiblement écrasé par les bontés excessives que la Providence versait sur lui, souriant avec la béatitude du dormeur qui se demande à quel moment on viendra le réveiller à la réalité du monde".

mercredi 1 novembre 2023

Tant que le café est encore chaud- Toshikazu Kawaguchi

 " Rentrer avant que le café ne refroidisse, c'était en effet une consigne assez vague et subjective. On pouvait très bien trouver le café froid alors qu'il restait encore du temps ou encore se dire qu'il était encore chaud alors que le moment de rentrer était venu." 


Auteur: Toshikazu Kawaguchi 

Genre: Roman 

Edition: Le livre de Poche 

Date de publication: 2015

Nombre de pages: 240 

Synopsis: Ce roman raconte l'histoire d'un café, le "Funiculi Funicula", un café assez particulier. En effet, une légende circule à son sujet, apparement, ce dernier permettrait aux personnes de remonter dans le temps. Cependant, tout voyage dans le passé comporte deux règles principales, il ne changera aucunement le présent du voyageur et il est impératif que le voyageur retourne dans le présent avant que le café ne refroidisse. À travers les voyages dans le temps de quatre femmes, Kawaguchi nous partage sa philosophie du temps qui passe tout en faisant honneur à l'amour, le pardon et à l'importance de la mémoire. 


Mon avis:

Si je devais résumer ce livre en trois mots je dirai, " paisible", " simple" et " hors du commun". 

J'ai passé un agréable moment en lisant ce livre que j'ai trouvé particulièrement original. J'ai déjà lu des romans qui traitent les questions du temps qui passe et de l'importance de profiter de chaque instant de notre vie mais c'est la première fois que je lis un livre avec ce concept là. 

Je trouve que c'est surtout le titre du roman qui donne envie au lecteur de s'y plonger. Quoi de mieux que de mêler le café au temps qui passe ? De plus, je trouve que le fait que l'action se déroule principalement dans un seul lieu, le café, rend l'histoire encore plus réaliste et proche du lecteur. On navigue tout le long du roman entre l'espace temps du café Funiculi Funicula et l'espace temps des souvenirs de chaque personnage. 

Enfin, je trouve que les leçons de vie qu'on tire de chaque histoire racontée sont toutes aussi touchantes les unes que les autres, comme l'importance du pardon, l'amour inconditionnel que porte une mère à son enfant ou encore celle de profiter de chaque instant pour dire les choses et déclarer nos sentiments avant qu'il ne soit trop tard, tout simplement " tant que le café est encore chaud" et donc avant que le présent ne tombe dans le passé.  

Je conseille ce roman à toutes les personnes qui souhaitent lire un livre qui n'est pas du tout prise de tête, un livre léger et émouvant avec une histoire originale. 

FUN FACTS: 

  • Le Prix Audiolib 2023 a été remis au livre de Toshikazu Kawaguchi , " Tant que le café est encore chaud". 


dimanche 29 octobre 2023

Ce que le jour doit à la nuit- Yasmina Khadra

 "Celui qui passe à côté de la plus belle histoire de sa vie n'aura que l'âge de ses regrets et tous les soupirs du monde ne sauraient bercer son âme". 

Auteur: Yasmina Khadra 

Genre: Roman 

Edition: Pocket

Date de publication: 2008 

Nombre de pages: 470 

Synopsis: Ce livre raconte l'histoire de Younes Mahieddine, un jeune algérien né dans les années trente à Jenane Jato, un village très pauvre en Algérie. Cet enfant va grandir dans des conditions misérables, privé de toute perspective d'avenir et d'éducation jusqu'au jour où son père ne pouvant plus subvenir aux besoins de sa famille va ravaler sa fierté en le confiant à son frère, un pharmacien éduqué, cultivé et marié à une française. Désormais, Younes s'appelle "Jonas", installé à Rio Salado, il va grandir et apprendre comme tous les enfants des pieds noirs. Ce roman raconte non seulement le destin de Younes mais aussi celui de l'Algérie française qui après une longue guerre sanglante va acquérir son indépendance. 


Mon avis:

Avant de vous partager mon avis sur ce roman, je tiens à vous faire part de la raison pour laquelle je l'ai lu. En effet, j'ai voulu lire ce roman après avoir vu son adaptation cinématographique que j'ai trouvé non seulement incroyablement bien faite mais aussi extrêmement touchante et émouvante. 

Ce roman rassemble tout ce que j'aime. On retrouve un enchevêtrement de thèmes abordés, que ce soit la guerre, l'indépendance, le colonialisme, l'amour passionnel, l'amour interdit, la vieillesse, la jeunesse ou encore la nostalgie. 

Je trouve que le titre du livre, "Ce que le jour doit à la nuit" reflète parfaitement bien ce roman. En analysant de plus près le titre, on réalise que l'antithèse des termes "jour" et "nuit" constitue un parallélisme avec la guerre d'Algérie (1954 à 1962). Une Algérie divisée entre les pieds noirs et les Algériens pur souche à la recherche de leur indépendance et de leur liberté. 

De plus, pour moi, ce titre est porteur d'un autre paradoxe, celui du temps présent et des souvenirs. En effet, ce roman met en relief non seulement la brutalité et le réalisme des événements qui ont eu lieu en Algérie pendant la guerre mais aussi la nostalgie des souvenirs poignants de ces événements qui ne constituent plus le présent des personnes qui les ont vécu mais leur éternel passé. 

Ce qui m'a le plus marqué dans ce roman c'est le tiraillement constant qui ronge Younes/Jonas, un tiraillement d'appartenance. Ce dernier se demande constamment s'il appartient à l'Algérie des Algériens ou l'Algérie française. Né, Algérien pure souche, Younes va devenir Jonas, européen par la force des choses. Une nouvelle identité qui va certes lui ouvrir de nouveaux horizons et lui donner accès à de nouvelles opportunités mais qui va aussi lui faire perdre petit à petit son sentiment d'appartenance à sa culture natale, la culture algérienne. 

Toutefois, ce roman ne traite pas uniquement de la guerre et de la recherche d'une identité culturelle, il traite également d'une histoire d'amour pleine de promesses mais vouée à sa perte dès le départ. Ce que l'on retient de cette histoire d'amour c'est que le dévoilement des sentiments n'attend pas et que le temps qui passe finit par transformer les sentiments amoureux en sentiments de colère et d'amertume. 

Je conseille ce roman à toutes les personnes qui désirent en apprendre un peu plus sur l'histoire de la guerre d'Algérie et qui par la même occasion aiment les histoires d'amour impossibles et destructrices. 

FUN FACTS: 

  • Ce roman a été élu meilleur livre de l'année 2008 pour le magazine LIRE et a gagné le prix France Télévisions 2008. 

  • "Ce que le jour doit à la nuit" a été adapté au cinéma par Alexandre Arcady en 2012. 


lundi 9 octobre 2023

L'art du roman- Kundera

" Le roman, c'est le paradis imaginaire des individus. C'est le territoire où personne n'est possesseur de la vérité, ni Anna ni Karénine, mais où tous ont le droit d'être compris, et Anna et Karénine". 

Auteur: Kundera 

Genre: Essai 

Edition: Gallimard 

Date de publication: 1986

Nombre de pages: 200

Synopsis: Dans cet essai divisé en sept textes, Kundera confesse son amour inconditionnel pour l'écriture et expose également sa conception personnelle du roman européen. Ce dernier met en lumière non seulement sa propre vision de l'écrivain et du roman mais partage avec le lecteur les avis de ses inspirations littéraires comme Kafka, Broch, Rabelais, Cervantes,  Diderot, Flaubert ou encore Tolstoï. 



Mon avis:

Cet essai est très intéressant vu qu'il nous pousse à repenser l'écriture et le roman. En effet, cet essai est le fruit d'une longue introspection réalisée par Kundera sur lui-même et plus précisément sur sa vocation d'écrivain.  

" Le monde des théories n'est pas le mien. Ces réflexions sont celles d'un praticien. L'oeuvre de chaque romancier contient une vision implicite de l'histoire du roman, une idée de ce qu'est le roman. C'est cette idée de roman, inhérente à mes romans que j'ai fait parler". 

Ce que j'aime par-dessus tout avec Kundera c'est le fait que toutes les phrases qu'il prononce ou qu'il rédige sont sujette à de multiples interprétations. En effet, chaque lecteur peut interpréter une même phrase différemment, se l'approprier et y réfléchir librement. Kundera n'a jamais imposé une interprétation particulière de ces romans et n'a jamais souhaité guider le lecteur dans sa lecture, d'où la structure toujours un peu abstraite et décousue de ses chapitres. 

" Chaque roman dit au lecteur: les choses sont plus compliquées que tu ne le penses". 

Cet essai m'a permis d'élucider un peu plus le mystère qui se cache derrière les intitulés des oeuvres de Kundera. En effet, en lisant les explications de Kundera et les raisons pour lesquelles il a écrit chacun de ses romans, j'ai pu mieux comprendre certains aspects de ces romans qui m'étaient alors inconnus et inaccessibles. Ainsi, à travers cet essai, Kundera fait non seulement honneur à l'art de l'écriture mais aussi à l'écrivain artiste se servant de sa plume pour retirer le voile de l'ignorance sur des philosophies de vie. 

À la fin de ma lecture, ce que je retiens par-dessus tout c'est la vision de Kundera concernant la construction des personnages de ses romans. Pour lui, ce n'est pas l'histoire du personnage qui le rend vivant mais qui il est. Les personnages des romans de Kundera sont donc surtout des " possibilités" et des " explorateurs de l'existence". 

FUN FACTS: 

  • L'art du roman est un essai de Milan Kundera sur sa conception de l'écriture qu'il a tiré de sa propre expérience. 

  • Cet essai est le résultat d'entretiens avec Christian Salmon sur ses habitudes d'écrivain. 


Saison à Copenhague- Karen Blixen

" La tragédie poursuivit-il loin d'être la conséquence de la chute de l'homme est au contraire l'assurance qu'il a prise contre les conditions de vie mornes et sordides entraînées par sa chute. Projeté de la gloire céleste et de la joie dans la nécessité et la routine, l'homme dans un suprême effort a crée la tragédie". 


Auteur: Karen Blixen 

Genre: Roman 

Edition: Gallimard 

Date de publication: 1957

Nombre de pages: 144

Synopsis: Ce livre raconte l'histoire d'une bouleversante histoire d'amour au dénouement tragique entre Ib Angel et sa cousine Adelaide, véritable beauté de Copenhague. Cette histoire d'amour est encerclée par le cadre hivernal de Copenhague, véritable ville mondaine faisant l'objet d'innombrables réceptions et bals. 



Mon avis:

Avant de vous partager mon avis et mon ressenti lors de ma lecture, je tiens à préciser le fait que j'ai toujours été depuis mon plus jeune âge admirative et fascinée par les romans traitant du sujet de l'amour interdit et de l'amour impossible. De plus, suite à mon séjour à Copenhague cet été j'étais encore plus enthousiaste à l'idée de découvrir ce court roman qui malgré quelques déceptions m'a touché et captivé dans ses lignes. 

Je trouve que le titre du roman est assez accrocheur "Saison à Copenhague", mêlant à la fois l'espace temps et le lieu géographique. Pour moi, Karen Blixen a réussit à créer un cadre immersif dans son roman. Un cadre naturel, froid, mystérieux, inaccessible ponctué de temps à autre par des notes de tendresse. 

Ce qui m'a un peu déçu dans ce roman c'est sa longueur. En effet, je trouve que pour l'histoire racontée et le cadre choisit, le nombre de pages n'était malheureusement pas conséquent. Je trouve aussi que même si le côté tragique de l'histoire est bien montrée, il manquait quelques monologues à mon goût.  Ainsi, je trouve que le côté tragique du roman était beaucoup plus mis en valeur à travers les actions des personnages qu'à travers leurs paroles. 

Ce que j'ai beaucoup aimé dans ce roman c'est la description des réceptions et des bals ayant lieu dans le décor pittoresque de Copenhague. Je salue également la plume de Karen Blixen qui a réussit à me transporter dans l'historie et à me faire croire à la sincérité des sentiments entre les personnages, des sentiments qui comme dans le Cid sont décrits en toute subtilité avec des actes et des paroles qui veulent souvent dire le contraire de ce qu'ils sont. 

FUN FACTS: 

  • Karen Blixen est également connue pour avoir écrit le livre " La ferme africaine" adapté plus tard au cinéma par Sydney Pollack. 

samedi 2 septembre 2023

L'Éducation sentimentale- Flaubert

 " L'action, pour certains hommes, est d'autant plus impraticable que le désir est plus fort. La méfiance d'eux-mêmes les embarrasse, la crainte de déplaire les épouvante, d'ailleurs, les affections profondes ressemblent aux honnêtes femmes, elles ont peur d'être découvertes, et passent dans la vie les yeux baissés". 



Auteur: Gustave Flaubert

Genre: Roman

Edition: Folio

Date de publication: 1869 

Nombre de page: 557

Synopsis: Ce roman comme son titre l'indique relate la vie sentimentale d'un homme banal, "Frédéric Moreau". Cette vie sentimentale est décrite dans le contexte d'une jeunesse idéalisée à l'aube de la révolution. Flaubert explore les dessous de nombreux sentiments humains, que ce soit la peur, l'amour, la passion, la loyauté, la tromperie, l'égoïsme ou l'ambition. Ce roman est avant tout et surtout une ode à l'amour, le vrai, un amour qui ne s'estompe pas avec le temps et qui devient de plus en plus fort à mesure des obstacles et des embûches qui viennent à son encontre. 

Mon avis:

Je tiens à partager avec vous la raison pour laquelle j'ai souhaité lire ce roman en espérant que cette même raison vous poussera vous aussi à le découvrir. La raison pour laquelle j'ai voulu lire ce roman trouve sa source dans le discours d'un professeur de littérature à ses élèves dans une série. En effet, ce dernier leur a dit " L'Éducation sentimentale est un de mes romans préférés malgré le fait que beaucoup de personnes ne partagent pas mon avis. Pour la majorité des gens, ce livre est un livre qui n'a aucun intérêt étant donné qu'il ne se passe rien tout le long du roman, il est lent et ennuyant. Or, je trouve que ce roman renferme un charme inégalable. Il explore l'éventualité du " et si" et l'opportunité d'agir pour un futur meilleur qui ne sera jamais saisie au fil du roman. Ainsi, que ce soit l'éventualité d'une carrière exceptionnelle et reconnue, d'une relation amoureuse passionnelle et sincère ou l'acquisition d'une place dans la société après des meilleurs, toutes ces éventualités ne seront jamais réalisées". 

C'est précisément à la lecture de ce discours que j'ai lu ce roman et que j'ai pu en apprécier chaque passage. Flaubert a la capacité de rendre des personnages communs, menant des vies banales, intéressants et attachants. Je me suis attachée au personnage de Frédéric mais cet attachement a pris du temps. Ainsi, j'ai commencé ma lecture en ne comprenant pas toujours les choix de ce personnage, en espérant qu'il agisse d'une certaine manière, puis, au fil de ma lecture j'ai commencé à mieux le cerner et j'ai terminé le roman en comprenant les causes de ses actions et plus précisément les causes de son manque d'action. 

De plus, ce qui est d'autant plus intéressant dans ce roman ce sont les thèmes abordés et les messages transmis. Que ce soit le thème de la politique, de la passion, de l'amour, de la lâcheté, de l'abandon, de l'égoïsme, ils ont tous en commun une chose, ils sont empreints d'une vérité dure à assimiler mais qui n'est autre que la triste réalité. 

Ainsi, Flaubert dépeint le 19ème siècle tel qu'il était, dans sa vivacité comme dans sa décadence et décrit avec un réalisme déconcertant les failles d'un amour véritable, d'un amour qu'on croyait intouchable. La faille principale explorée dans ce roman étant " la vieillesse" et l'effet écrasant du temps qui passe sur l'intensité des sentiments.

Je conseille ce roman à toutes les personnes qui souhaitent vivre un moment de grâce, de douceur, de lenteur. C'est une lecture qui prend du temps, qu'il faut savourer page par page pour bien s'imprégner de l'univers. Vous ne serez pas déçu! 

FUN FACTS: 

  • "L'Éducation sentimentale" comporte de nombreux éléments autobiographiques, telle la rencontre de Madame Arnoux, inspirée de la rencontre de Flaubert avec Élisa Schlésinger, l'amour de sa vie.