lundi 15 août 2022

The Bell Jar- Sylvia Plath

"I felt my lungs inflate with the onrush of scenery, air, mountains, trees, people. I thought, "This is what it is to be happy". 

Auteur: Sylvia Plath

Genre: Roman

Edition: Faber and Faber

Date de publication: 1963

Nombre de pages: 237

Synopsis: Ce livre raconte l'histoire d'une jeune femme "Esther Greenwood", qui a gagné un stage au sein d'un journal de mode à New York en 1953, elle pense qu'elle pourra grâce à cette opportunité devenir l'écrivaine qu'elle a toujours rêvée d'être. Cependant, lors de son introduction à la société, aux fêtes, aux cocktails, aux piles de manuscrits, elle va tomber, tomber, tomber, jusqu'à tomber en dépression. Une dépression qui la mènera à des tentatives de suicide. Ce personnage introverti ne va pas se sentir à sa place dans ce monde de manipulateurs et de superficiels. C'est un roman que Sylvia Plath a écrit juste avant sa mort. 

Mon avis:

Ça m'a pris du temps pour accrocher à l'histoire ou même pour être touchée par l'histoire de ce roman mais je l'ai beaucoup aimé. C'est un roman qui a eu un énorme succès suite à sa publication pour deux raisons essentielles. Tout d'abord, c'est un roman qui dépeint parfaitement bien la société américaine des années 1950. Cette société remplie de gens superficiels, arrogants, manipulateurs et opportunistes. Une société où il était difficile pour les femmes de faire leur place, de devenir quelqu'un et de réaliser quelque chose. 

De plus, ce roman est très apprécié par le public suite aux thématiques qu'il met en oeuvre. Notamment la thématique du suicide et de la dépression. Tout ce roman est inspiré partiellement de la vie de Sylvia Plath, elle montre donc à travers ce roman qu'elle n'a publié que quelques mois avant sa mort que la dépression est un vrai problème, un problème grave, une maladie dont il est très difficile de s'en sortir.

Sylvia Plath créé donc un personnage "Esther Greenwood" à son image. une jeune femme introvertie, talentueuse, pleine de promesses mais qui malheureusement se heurte aux mentalités patriarcales et conservatrices de son époque. Une femme talentueuse à cette époque n'avait pas sa place et n'avait pas le droit de briller. 

Ce que j'ai le plus aimé dans ce roman c'est surtout la manière avec laquelle il est écrit. À aucun moment je n'ai ressenti un jugement ou un avis apporté par l'auteur, à aucun moment les personnages jugent ou critiquent des événements qui se passent dans leur vie ou dans la société, c'est toujours très subtil, le lecteur le comprend par lui même et le juge par lui même. Il a le droit de juger le comportement d'Esther même si c'est le personnage principal, il a le droit d'analyser les comportements odieux des gens de la société et il a le droit d'interpréter l'oeuvre comme il l'entend. 

J'ai beaucoup apprécié aussi le fait que Syvia Plath contrôle très bien les ficelles de son roman, et les ficelles du lecteur, elle l'entraine au fur et à mesure là où elle veut qu'il arrive. Son but n'est pas de toucher le lecteur tout le long du roman mais de l'emmener à cette conclusion touchante, à cette derniere phrase qui résume le livre et qui veut tout dire. Elle mise donc sur le réalisme, le réalisme cru, le réalisme qui dégoûte parfois mais qui est nécessaire afin d'aborder au mieux des thématiques lourdes comme le suicide ou la dépression. C'est grâce à ce cheminement d'événements insignifiants parfois et à des éléments de la vie d'Esther que le lecteur comprend son mal être, il comprend sa dépression et sa solitude. Il comprend que c'est pour plein de raisons qu'Esther est devenue ce qu'elle est devenue, une coquille vide, un être malheureux et triste, fatigué de vivre. 

Je recommande ce roman à tout le monde, je trouve que c'est un roman essentiel qui nous permet de mieux comprendre la dépression et le suicide, d'une manière très subtile sans jamais rentrer dans tous les détails psychologiques. N'importe qui peut comprendre la difficulté de cette maladie et son caractère parfois fatal.

“I took a deep breath and listened to the old brag of my heart. I am, I am, I am.” 

FUN FACTS:

  • "The Bell Jar" n'a trouvé aucun éditeur de son temps. Il n'a été publié que trois ans après la mort de Sylvia Plath. 

  • "The Bell Jar" a été publié sous le pseudonyme de Sylvia Plath, "Victoria Lucas". La raison pour laquelle elle n'a pas publié son oeuvre son son vrai prénom c'est parce qu'elle ne voulait pas que sa famille soit affectée par cette publication étant donné que ce roman s'inspire partiellement de sa vie. 



samedi 6 août 2022

Le handicap comme moteur artistique

J'ai toujours voulu écrire un article sur le handicap des artistes. Je trouve fascinant le fait de voir le handicap comme un moteur alors que par définition le handicap est un problème moteur. L'art est donc une façon de rendre aux artistes handicapés leur vie "normale". 

Une belle manière de montrer que le handicap peut être une source de beauté et de création artistique. 

Je vais ainsi traiter le handicap dans deux domaines particuliers, d'un côté le handicap des auteurs et de l'autre le handicap des peintres. 

1- Le handicap des auteurs:

Emily Dickinson: 

Emily Dickinson est une poétesse qui a souffert toute sa vie de migraines terribles et de problèmes de vue. Certains même disent qu'elle souffrait d'épilepsie. Cette derniere est un exemple que le handicap est une source d'inspiration et de talent parce qu'elle a écrit un poème au sujet de son handicap, les migraines. 

I felt a Funeral, in my Brain,
And Mourners to and fro
Kept treading - treading - till it seemed
That Sense was breaking through -

And when they all were seated,
A Service, like a Drum -
Kept beating - beating - till I thought
My mind was going numb -

And then I heard them lift a Box
And creak across my Soul
With those same Boots of Lead, again,
Then Space - began to toll,

As all the Heavens were a Bell,
And Being, but an Ear,
And I, and Silence, some strange Race,
Wrecked, solitary, here -

And then a Plank in Reason, broke,
And I dropped down, and down -
And hit a World, at every plunge,
And Finished knowing - then -

Le simple titre de ce poème, "J'ai senti un enterrement dans ma tête" est très révélateur. Tout le long de ce  poème, Emily Dickinson décrit l'affreusité de son handicap, de sa maladie, mais ce qui est extrêmement fascinant c'est le fait qu'Emily décrit sa maladie de façon très esthétique, très belle, ca devient presque un euphémisme de ce qu'elle ressent. Elle rend sa maladie "belle" en quelque sorte même si les lignes de son poème veulent dire le contraire, liées ensemble, elle créent un sentiment d'impuissance, de désespoir, de tristesse mais un sentiment qui est beau malgré tout. Ainsi, pour Emily Dickinson, écrire était plus important que vivre et la maladie n'avait aucun impact sur ses poèmes, sur son art, au contraire c'était une source d'inspiration pour son art, un moyen de pousser jusqu'au fond d'elle-même pour en ressortir des sentiments de douleur, de colère, d'impuissance. 

Emily Dickinson est la preuve que souffrir d'un handicap est certes terrible au quotidien mais il peut aussi servir à developper ses capacités intellectuelles, artistiques pour créer de la beauté autour de soi et s'auto-convaincre que ce n'est pas aussi grave que ça en a l'air. Emily estimait que tant que son handicap n'atteignait pas son écriture et sa capacité à écrire et à produire des oeuvres d'art, elle n'y prêtait pas attention et le voyait positivement au lieu de s'arrêter au fait accomplit et de souffrir encore plus. 

Charles Baudelaire:

Baudelaire est un autre exemple que le handicap peut être une source d'inspiration. Ce dernier souffrait de deux graves problèmes, il souffrait d'une dépendance à l'opium et d'un trouble mental "la bipolarité". Cependant, malgré le fait que dans notre vie de tous les jours nous avons tendance à croire que ces deux problèmes sont des "malédictions". Pour Baudelaire, ces deux problèmes étaient ses "muses". En effet, sa bipolarité et sa dépendance à l'opium laissaient place à sa créativité et à son génie. De nouvelles portes artistiques s'ouvraient à lui lorsqu'il consommait cette drogue et son trouble bipolaire l'aidait à voir le monde différemment en fonction de son état d'esprit, s'il était triste, il exprimait dans ses écrits sa tristesse et s'il était heureux, il exprimait dans ses écrits sa joie. Mais cette bipolarité le poussait à aller dans deux extrêmes l'extrême tristesse ou bien l'extrême joie ce qui mettait encore plus en valeur ses ressentis et lui permettait de mettre sur papiers ces élans temporaires mais intenses d'émotions aussi fortes les unes que les autres. 

2- Le handicap des peintres:

Frida Kahlo:

Frida Kahlo est l'exemple même que le handicap est une source d'inspiration, plus que ça un défi à relever et une manière de voir les choses. Toute sa vie Frida Kahlo a souffert de la maladie "poliomyélite", elle était à moitié paralysée et bien qu'elle soit paralysée physiquement ça ne l'a pas paralysé de se remettre à la peinture. 

Elle s'est battue chaque jour pour peindre et pour exprimer son handicap à travers ses tableaux, elle n'a jamais eu honte de son handicap, au contraire elle a choisi de l'exprimer dans ses oeuvres, dans ses tableaux, d'en faire sa force et sa particularité. Frida Kahlo était donc une artiste qui représentait son handicap comme un cadeau plutôt qu'une fatalité. 

Frida Kahlo exprimait son mal-être dans ses oeuvres, la peinture fut sa bouée de sauvetage, son exutoire. 

Elle affirmait même que "On me présentait comme une surréaliste, mais je ne l'étais pas. Je n'ai jamais peint de rêves, j'ai peint ma réalité". 

Cette dernière a même peint un tableau représentant son accident de bus, un drame qui l'a détruite physiquement et moralement, un drame qui ne l'a pas laissé indemne. Dans le tableau "La colonne brisée" (1944), Frida se représente le corps perforé de clous, la colonne vertébrale apparente. Ainsi, le désert derrière elle ne peut représenter que la solitude qui l'entourait suite à cet accident, cette douleur et cette souffrance très vaste qui l'empêchait d'être libre comme elle le voulait, comme elle en avait toujours rêvé. Frida Kahlo ne pouvait partager sa souffrance physique qu'à travers ses oeuvres, ainsi, grâce à son talent, elle était moins seule, elle arrivait à communiquer sa détresse aux gens à travers ses peintures, le plus souvent des autoportraits.



Claude Monet:

Claude Monet est un artiste qui vers la fin de sa vie a eu un très grand handicap. Il a eu des problèmes de vue, une maladie qui s'appelle la cataracte. Suite à cette maladie, Monet a été contraint de se replier chez lui, dans sa maison à Giverny, il ne voyait plus très bien les couleurs et c'est grâce à ce handicap que Moent a peint ses plus belles oeuvres d'art, les nymphéas sont un produit de ce handicap. Ainsi, avec Monet, son handicap a été une source artistique, une inspiration, un moyen de voir différemment ce qu'il ne pouvait pas voir. L'artiste est avant tout artiste parce qu'il voit le monde différemment, il s'approprie les choses réelles à sa manière et reconstruit toutes les choses qui existent. Ainsi, Monet grâce à son handicap s'est encore plus rapproché de cette vision de l'artiste. 

"Je vois bleu, je ne vois plus le rouge, je ne vois plus le jaune, ça m'embête terriblement parce que je sais que ces couleurs existent, parce que je sais que sur ma palette, il y a du rouge, du jaune, il y a un vert spécial il y a un certain violet, je ne les vois plus comme je les voyais dans le temps, et pourtant je me rappelle très bien les couleurs que ça donnait".


                                                     Avant la cataracte (le bassin aux nymphéas) 


Après la cataracte (le bassin aux nymphéas)






mardi 2 août 2022

Les Livres ou la Vie?

Je trouve très intéressant le fait d'analyser le style d'écriture d'un écrivain mais je trouve encore plus intéressant le fait de s'intéresser au lieu d'écriture, à l'environnement de l'écrivain. 

En effet, au fur et à mesure de mes lectures, je me suis attardée sur la vie des écrivains et sur leur mode de vie. Je me suis particulièrement intéressée aux lieux d'écriture et j'ai remarqué que la plupart des mes auteurs préférés aimaient écrire dans un espace clos, un espace fermé, ayant comme seule compagnie leurs papiers, vivant ainsi dans un univers de papiers pendant des mois. Une rupture brutale avec la réalité et avec le monde extérieur. 

C'est pour cela que j'ai choisi de vous parler de quatre écrivains qui se cloitraient dans leur chambre jour et nuit afin de produire des oeuvres d'art. Des oeuvres d'art qui ont vu le jour dans un espace coupé du jour et de toute lumière, dans un espace fermé, clos, à l'image de la vie intérieure de chacun de ces auteurs. 

La vie intérieure d'Emily Dickinson:

Emily Dickinson est connue pour avoir vécu dans une maison de papier. Plus particulièrement, sa maison de papier. Une maison qui n'est que sa chambre, un espace clos. Enfermée entre quatre murs, assise sur sa chaise de bureau, Emily Dickinson a écrit toute sa vie des poèmes merveilleux, accompagnée uniquement de ses papiers et de sa plume. 

Cette poétesse a fait le choix de se retirer du monde, de la société pour se consacrer pleinement à son art et pour laisser s'exprimer sa vie intérieure, sans être déstabilisée et distraite par la vie extérieure.

Dominique Fortier a très bien décrit cette situation, "Emily Dickinson a fait le choix de se réfugier dans un monde de papier pour créer et éprouver pleinement sa liberté". 

Ainsi, pour Emily Dickinson, la liberté n'était pas le monde extérieur et réel mais plutôt son monde à elle, le monde qu'elle s'est crée au fond d'elle et où elle se sent le plus libre possible. 

"Il faut mal connaitre Emily Dickinson pour s'imaginer la châtier en l'enfermant dans le silence seule avec ses papiers". 

"C'est seulement quand elle ferme derrière elle la porte de sa chambre et qu'elle entre dans le silence qu'Emily peut recommencer à entendre cette voix qui parle et ne parle pas, au creux de sa tête". 

"Il y a longtemps qu'elle habite sa maison de papier. On ne peut pas avoir à la fois la vie et les livres, à moins de choisir les livres une fois pour toute et d'y coucher sa vie". 



La vie intérieure de Virginia Woolf:

Virginia Woolf est un autre exemple de ce dualisme entre l'écriture et l'espace où voit le jour l'écriture. En effet, Virginia Woolf vivait dans une très belle maison, entourée d'un jardin, mais cette beauté extérieure ne lui permettait pas d'exprimer pleinement son art. Pour que son génie intérieur fasse surface, il fallait qu'elle s'enferme dans son bureau, une chambre composée d'une bibliothèque, d'un bureau et d'un fauteuil où elle écrivait pendant des jours et des nuits quand l'inspiration lui venait. 

Elle ne comptait plus les jours, plus les heures, plus les minutes, elle était enfermée dans son être, dans son imaginaire. Virginia Woolf utilisait ses ressentis pour créer des oeuvres d'art et toucher des millions de personnes et elle n'a pu le faire qu'en vivant plein de choses à l'extérieur, en observant la société et les personnes qui l'entourait. Mais si ses oeuvres ont eu tellement de succès par la suite c'est surtout grâce au fait qu'elle s'y est consacré jours et nuits et qu'elle a donné tout son être pour le faire, elle n'a été distraite par aucune force extérieure, que ce soit son mari, les paysages, les habitants de la ville, elle était seule, seule avec elle même et donc seule avec son écriture, sa source de vie. 



La vie intérieure de Victor Hugo:

Être reclus, c'est "prendre congé du monde". En effet, Victor Hugo vers la fin de sa vie s'est volontairement isolé du monde qui l'entourait. Fatigué de tant de douleurs physiques et émotionnelles, suite au décès de sa fille Léopoldine, une mort tragique qui l'a poursuivit toute sa vie. En visitant sa maison, j'ai compris que contrairement aux autres auteurs que j'ai cité dans cet article, Victor Hugo n'avait pas choisi d'être reclus, il l'était devenu. 

Ne supportant plus les drames de sa vie, notamment la mort de ses autres enfants, il a choisi de vivre reclus dans sa maison, coupé du monde, coupé de tout ce qui était réel pour se consacrer pleinement à l'écriture, le seul moyen qu'il avait de faire revivre ses enfants, ses souvenirs et sa joie. 

L'écriture a été un moyen pour lui de noyer sa peine, sa souffrance, sa tristesse et c'est aussi grâce à ce désespoir que Victor Hugo est l'un des plus grands auteurs de notre temps. 



La vie intérieure de Sylvia Plath:

Cet auteur a pris exemple sur Emily Dickinson. Pour elle, Emily Dickinson était un modèle, une inspiration, une source d'admiration. Ainsi, comme elle, elle voua sa vie à son art, "l'écriture". Elle s'est volontairement isolée dans la maison de son père, un notable d'Amherst en Nouvelle-Angleterre. 

Patricia Godi décrit très bien l'univers de papier qui entourait cet auteur, "L'écriture pour elle est une nécessité, et elle procure à son auteur le sentiment d'être un "petit dieu" qui recrée le monde d'après ses propres plans. Sa vie est tendue vers l'écriture et Sylvia Plath ne conçoit que de créer, elle est habitée par des forces physiques, intellectuelles et émotionnelles qui doivent nécessairement trouver une issue au risque de se retourner contre elle et de la détruire". 

Je trouve que Patricia Godi a très bien cerné le but de cet isolement des auteurs, notamment de Sylvia Plath. Les génies d'écriture, les créatures de papiers, sont des êtres particuliers, uniques qui ont besoin d'exprimer leur génie intérieur qui n'est que leur monde intérieur. Ils ont besoin de créer des histoires, des romans à partir de leur essence, de leur être, de leur vécu et de leur ressenti. Ces derniers subissent l'écriture malgré le fait que cette dernière reste le seul moyen qui les laissent en vie. Ils sont habités par des forces physiques, intellectuelles et émotionnelles. Ils ont besoin de relâcher tout ça en mettant à l'écrit tout ce qu'ils ressentent. Mais l'écriture est aussi une source de destruction, et cet isolement a porté préjudice à Sylvia Plath qui est devenue dépressive et qui a tenté plusieurs fois de se suicider jusqu'à y parvenir en mettant sa tête dans un four. 












mardi 12 juillet 2022

Écrire comme un homme/ Écrire comme une femme

La femme et l'écriture jusqu'au 20ème siècle:

La femme avait-elle le droit à l'art? Avait-elle le droit d'être artiste? 

Pour beaucoup d'hommes, le droit à l'écriture ne leur revient qu'à eux. Pour eux, quand les femmes écrivent ce n'est pas de l'art ou ce ne sont pas des femmes, ce sont juste des femmes qui écrivent comme des hommes. 

On peut retrouver deux conceptions différentes vis à vis de la femme écrivain. 

Certains auteurs reprochent à la femme d'être naturellement douée d'une sensibilité qu'ils sont obligés d'apprendre sur le tard par eux mêmes mais ces derniers lui reconnaissent quand même son talent et ses qualités et d'autres auteurs considèrent que la femme n'a aucune place dans le monde de l'écriture étant donné qu'elle est trop sensible, qu'elle parle beaucoup trop et qu'elle n'a pas de style, le style étant la caractéristique des hommes écrivains. 

1- Les auteurs qui reconnaissent le talent d'écriture de la femme

Le docteur Cerise avait dit en 1845 que "la femme est naturellement artiste parce qu'elle est organisée pour sentir ce que l'homme est obligé d'apprendre". 

Les qualités reconnues à la femme écrivain:

  1. Elle a le talent de tout dire même les pensées les plus abstraites avec grâce. 
  2. Guidée par son instinct dans le choix des expressions, d'un seul mot elle fait jaillir les idées. 
  3. Les effets de son style sont d'autant plus puissant que la réflexion semble y prendre une moindre part. 
  4. Son éloquence est rapide, délicate, vivement nuancée, c'est le jeu de sa physionomie traduit en parole. 

2- Les auteurs qui ne reconnaissent pas le talent d'écriture de la femme 

De nombreux auteurs contestent ce qu'ils appellent "l'écriture féminine". Pour eux, lorsqu'ils ont sous les yeux des élégies, des odes ou des poèmes écrits par des femmes, il ne leur vient aucune pensée, la femme n'écrit pas de manière à blesser le coeur de son lecteur. 

Flaubert reproche d'ailleurs à Louise Cole d'écrire pour "se satisfaire le coeur" plus que "par l'attraction de l'art". Pour lui, la femme écrivain écrit plus pour déverser ses passions que pour l'art d'écrire. Elle fait plus attention à ce qu'elle écrit que la manière avec laquelle elle l'écrit. 

Pour Proudhon, "la femme auteur n'existe pas, c'est une contradiction, le rôle de la femme dans les lettres est le même que dans la manufacture, elle sert là où le génie n'est plus de service, comme une bouche ou une bobine". Ces mots sont très durs et dégradants pour les femmes écrivains étant donné que cet auteur les assimile à une espèce inférieure à l'homme. Pour lui, la femme qui écrit ne pourra jamais égaler le génie de l'homme. Elle n'est là que quand l'homme ne peut pas écrire ou quand l'homme n'écrira plus, comme un bouche trou. 

L'inspecteur général Jacquinet avait même dit qu' "en raison de leur tempérament d'esprit plus sensible et plus vif que fort, il est difficile aux femmes plus heureusement douées, d'arriver, dans le travail de la composition et du style, à ce parfait accord de raison et d'imagination, à cette intime et constante harmonie de la pensée et de l'expression, qui seuls ont les écrits excellents. Il n'a été donné qu'à un petit nombre d'entre elles et rarement dans des oeuvres de longue haleine, d'atteindre à la beauté sans tache, à cela sans nuages de la perfection classique". 

Buffon disait que "le style, c'est l'homme". Quand l'homme est une femme, le style c'est la femme avec ses qualités et ses défauts attendus. 

Ainsi, de nombreux auteurs ont mis en lumière les défauts de la femme écrivain ou plutôt de "l'écriture féminine". 

  1. Un style diffus
  2. Une abondance de mots et de phrases qui rappelle le flux de la conversation, le génie du bavardage. 
  3. La passion de l'écriture prime sur la raison et l'expression. 
  4. Pas de style, le style étant une caractéristique propre à l'homme. 

Je suis choquée par les affirmations des écrivains sur l'écriture des femmes. Par exemple, Barbey d'Aurevilly avait dit que "les femmes peuvent être et ont été des poètes, des écrivains et des artistes, mais elles ont été des poètes femmes, des écrivains femmes, des artistes femmes. Étudiez leurs oeuvres ouvrez les au hasard à la dixième ligne, et sans savoir de qui elles sont, vous êtes prévenus, vous sentez la femme: odor di femina". 

Pour cet auteur, la femme écrivain sera éternellement qualifiée comme étant une "femme écrivain" plutôt qu'un "écrivain". Elle sera toujours définie par son sexe. Mais est-ce que c'est le sexe qui détermine le talent d'un auteur? Est-ce que c'est le sexe qui détermine si l'oeuvre va être un chef d'oeuvre ou pas? C'est une vision très sexiste de la femme écrivain. 

Jean Larnax affirmait "elles ne sont à l'aise que dans la liberté. Dès qu'elles ne laissent plus libre cours à leur inspiration, elles perdent leurs ailes". Ainsi, pour lui, la femme écrivain n'est pas aussi douée que l'homme et n'a pas le "style" d'écriture étant donne qu'elle ne se sent pas limitée et encadrée par les règles de l'écriture et les normes d'écriture. Elle écrit comme elle veut, comme elle le sent. Or, c'est beau d'avoir de l'inspiration mais l'inspiration à elle seule ne suffit pas, pour écrire un bon roman il faut aussi le style. 

Y a-t-il une écriture féminine?

Il existe un grand malentendu de la littérature féminine. En effet, les livres de femmes sont rapidement considérés comme des ouvrages de bonnes femmes. Prenons l'exemple, de Gone with the Wind de Margaret Mitchell, un des romans les plus vendus dans le monde. Ce roman apparait rarement dans la liste des livres de chevet masculins alors qu'il reste l'un des romans préférés des femmes. 

Ainsi, il existe quand même une spécificité féminine non pas tant dans l'écriture que dans les thèmes et la manière de les aborder. Par exemple, dans le livre Journal d'Hannah écrit par Louise Lambrichs, comment imaginer que l'histoire d'Hannah obligée d'avorter et qui rêve du bébé qu'elle n'aura jamais ait été écrite par un homme? Cependant, l'auteur de ce roman rappelle le caractère universel de l'écriture en disant "mais elle ne l'aurait peut être pas été par une autre femme non plus". Elle souligne ainsi l'aspect individuel plus que sexuel du thème. 

"Beaucoup d'hommes se sont identifiés à mon personnage. et jamais, en écrivant, je n'ai eu l'impression de m'adresser aux femmes". 

De nombreuses romancières contemporaines refusent cette étiquette d'écriture féminine. "Si l'on regarde l'histoire, le roman a été inventé par les femmes, parce qu'elles n'avaient pas accès aux genres nobles. On leur interdisait l'éducation, la poésie... c'est ainsi que la princesse de Clèves de Mme de La Fayette est considérée comme le premier roman psychologique moderne. Mais on aborde pas de la même manière un livre signé par un homme ou par une femme. Il subsiste un conditionnement sociologique". 

Irène Frain affirme même qu'elle aurait bien aimé prendre un pseudonyme d'homme, "Je suis sûre que l'on ne m'aurait pas lue de la même façon". 

À ses yeux, l'écriture dite féminine est associée au sentimentalisme dans le mauvais sens du terme. 

Cependant, l'auteur de l'homme fatal (Fayard) pense que les romancières sont plus proches du quotidien que les hommes. "C'est dans l'infiniment petit que nous décelons l'infiniment grand, autrement dit nos problèmes de sociétés". 

Claude Sarraute pense qu'il n'y a pas d'écriture différente mais des sujets divergents. 

Enfin, il ne faut pas nier que la littérature n'est pas une question de sexe. Ce n'est pas parce que c'est un homme qui écrit, qu'il écrit comme un homme devrait écrire et qu'il écrit pour des hommes et ce n'est pas parce que c'est une femme qui écrit qu'elle écrit comme une femme devrait écrire et qu'elle écrit pour les femmes uniquement. 

L'écriture est universelle, elle ne rentre pas dans une catégorie. Il y a des sujets différents, des approches différentes, des histoires différentes et des styles différents mais ça reste quand même de l'écriture et le fait de savoir si c'est un roman digne d'être qualifié de chef d'oeuvre ne relève pas du sexe de la personne qui l'a écrit mais plutôt de la manière avec laquelle il a été écrit. 

C'est donc un jugement artistique et non pas de sexe. Pourquoi associer aussi des qualités d'écriture aux femmes et aux hommes ainsi que des défauts? Pourquoi séparer l'écriture en deux? L'homme comme la femme peuvent écrire des romans en utilisant leur côté féminin ou masculin. Ainsi, un homme qui veut écrire un roman peut faire appel à la part féminine de sa personnalité pour décrire des sentiments relatifs à une héroïne de son roman. Pourquoi toujours voir les choses en noir et blanc, il existe aussi cet intermédiaire entre les deux, le gris, où l'écrivain est écrivain avant d'être un homme ou une femme, c'est une vocation avant d'être un métier. C'est un plaisir commun aux hommes et aux femmes, ce n'est la propriété ni des hommes ni des femmes. 


lundi 11 juillet 2022

Les Mémoires d'Outre-Tombe de Chateaubriand (Tome 1)

"La plupart de mes sentiments sont demeurés au fond de mon âme, ou ne se sont montrés dans mes ouvrages que comme appliqués à des êtres imaginaires. aujourd'hui que je regrette encore mes chimères sans les poursuivre, je veux remonter le penchant de mes belles années: ces mémoires seront un temple de la mort élevé à la clarté de mes souvenirs". 

Auteur: François-René de Chateaubriand 

Genre: Roman autobiographique 

Edition: Le livre de Poche

Date de publication: 1849

Nombre de pages: 686

Synopsis: Cette premiere partie des Mémoires d'Outre-Tombe comprend les années de jeunesse depuis la naissance de l'auteur (1768) jusqu'à son retour de l'émigration (1800). Elle dépeint la premiere enfance de Chateaubriand, sa famille, sa vie à Saint-Malo et à Combourg, son séjour au collèges de Dol et de Rennes, puis à Brest pour subir l'examen de garde-marine. Ces souvenirs d'enfance sont les souvenirs préférés de sa vie parce que ce sont ceux où il reconnait l'éveil de sa sensibilité et de son génie. 


Mon avis:

J'ai découvert ce merveilleux roman grâce à mon très cher ami, Jacques de Crécy, un passionné de littérature. Il a vu en Chateaubriand une source d'inspiration et de réconfort. Je lui en serai éternellement reconnaissante de m'avoir introduite à ce si grand auteur. 

Cet article est écrit en collaboration avec Jacques de Crécy. 

Ce roman est un réel coup de coeur. Cette lecture était mon premier contact avec le grand Chateaubriand et je peux vous assurer que c'est un contact qui m'a laissé des traces. On dit souvent de Chateaubriand que ses écrits embarquent les lecteurs dans des voyages, des voyages où aucun lecteur ne reviendra indemne. 

"Les Mémoires d'Outre-Tombe" comme son nom l'indique a été publié outre-tombe, après la mort de Chateaubriand. 

Ce qui m'a fasciné chez Chateaubriand c'est qu'il a fait des "Mémoires d'Outre-Tombe" un cri de l'âme. Il en a fait sa raison d'être et la quête de son identité. À travers ces mémoires, il a voulu laisser une trace indélébile de lui dans le monde mais il a voulut aussi montrer aux lecteurs la France de son époque, l'Europe de son époque et l'Amérique de son époque. Il veut montrer au lecteur l'époque dans laquelle il vivait. Cette époque qui a été marquée par de nombreux événements historiques. 

Chateaubriand est avant tout un "poète du souvenir". À travers ce tome 1 des Mémoires d'Outre-Tombe il fait le récit de son enfance et de sa jeunesse. Des moments de sa vie qui l'ont marqué à jamais parce que c'est à cette époque qu'il a ressenti son amour pour l'écriture et qu'il a comprit qu'il avait une mission dans ce monde, la mission de faire voire aux autres ce qu'il arrivait à voir, à faire comprendre aux autres ce qu'il comprenait. Il utilisait donc l'encre et la plume comme moyens de faire découvrir aux hommes le monde qui les entourait, de les éveiller et de les enchanter. 

Chateaubriand est aussi un "enchanteur" tel était son surnom. Un enchanteur qui laisse sur son passage de l'émerveillement. Mais qu'est-ce qu'un émerveillement? C'est le fait d'être ébahie par tant de beauté et par tant de talent. Chateaubriand combinait le génie et le talent. C'était un écrivain, précurseur du mouvement romantique qui utilisait son art pour toucher les gens et pour montrer au grand jour qu'il n'avait pas à avoir honte de ses sentiments et que le fait d'exprimer ses sentiments à l'écrit était une force et un moyen d'universaliser tous ces sentiments communs qui unissent les hommes. Après tout, l'humanité partage des sentiments communs, que ce soit l'amour, la peur, la tristesse, l'angoisse, la colère, la déception et la passion.

Ce que j'ai beaucoup aimé dans ce roman c'est l'étendue des récits de Chateaubriand. En effet, ce dernier décide de partager au lecteur plein d'évènements marquants de sa vie. Il décide même de raconter des épisodes de sa vie qui peuvent paraitre sans intérêt ou inutiles uniquement parce que ce sont des événements qui l'ont poussé à être qui il était, ce sont des événements qui ont participé à sa construction humaine et à sa construction littéraire. 

Ce que j'aime le plus chez Chateaubriand c'est le lien indéfectible qu'il nouait avec sa ville natale, Saint-Malo. La ville de son enfance. Une ville qu'il a connut le jour de sa naissance en 1768 et qu'il a quitté le jour de sa mort en 1848. Cet auteur est né à Saint-Malo et il a décidé d'y rester pour toujours. C'est ce qui est le plus touchant chez Chateaubriand, c'est un auteur qui n'oublie pas les paysages de son enfance. 

C'est un auteur qui a choisi de mourir à Saint-Malo, il a choisit de mourir là où il est nait et qu'il y a t-il de plus beau que de retourner aux débuts de sa création. Pour moi Chateaubriand en prenant la décision de reposer à Saint-Malo a choisi de rester à jamais dans son enfance, une époque qui l'a marqué et qui a aussi contribué à son désespoir et à sa nostalgie. En effet, Chateaubriand n'a cessé de pleurer la beauté de son enfance. Sur ses joues, coulaient au fil du temps des larmes de mélancolie et de nostalgie d'une enfance perdue à jamais ou qu'il croyait perdue à jamais mais qu'il retrouvera à son décès, enterré dans la tombe à Saint-Malo.

Ce qui m'a marqué aussi dans ce roman c'est la spiritualité qui s'en dégage. Il y a bien sûr la fameuse phrase "j'ai pleuré, donc j'ai cru" qui marque un tournant dans la vie de Chateaubriand. Ce dernier est donc passé d'athée à croyant pratiquant suite à la mort de sa mère. Ainsi, pour lui, la mort d'un être cher a suffit à lui faire prendre conscience de l'importance de croire en quelque chose de plus grand que nous, de croire en quelque chose qui nous dépasse parce que la vie nous dépasse en permanence. On ne sait jamais de quoi demain est fait. Le fait de croire en quelqu'un ou en quelque chose qui nous dépasse mais qui est une garantie, une sécurité, de notre vie future après la mort est un éternel confort et une source de réconfort qui réchauffe le coeur et l'âme perdue mais retrouvée grâce à la foi.

L'avis de Jacques de Crécy:

La fascination qu’a suscité Chateaubriand de son vivant et qu’il suscite encore aujourd’hui s’explique avant tout par sa vie hors norme. Tour à tour voyageur, explorateur écrivain, poète, soldat, historien, journaliste, ambassadeur, ministre, sa personnalité comporte plusieurs facettes qui lui ont permis de comprendre et de voir le monde comme personne avant lui n’avait su le faire.

Témoin privilégié de cette époque charnière et formidable qu’est la fin du XVIIIème siècle et l’avènement du XIX, avec ses « Mémoires d’Outre-Tombe » il défie pour nous le dieu Chronos, et l’enfer. Il remonte le temps pour faire ressurgir de la mémoire humaine une époque disparue et les morts qui la peuple. 

Après son évocation pleine de nostalgie de sa Bretagne natale, pétrie de traditions, pieuse, et  à l’ordre sociale multiséculaire immuable, et son récit horrifié et traumatisé de la Révolution française à Paris et sa rencontre et son mariage avec sa femme que  l’écrivain nous emmène avec lui dans son périple américain.  C’est en effet la jeune nation américaine que ce jeune immigré choisit comme terre d’exil. Le jeune homme fait un portrait saisissant de cette Amérique qui n’est pas tout à fait encore l’Amérique mais qui déjà est l’objet de grandes espérances. Notre jeune ami a comme ambition de trouver un passage entre l’océan Atlantique et l’océan Pacifique et sillonne dans ce but l’ensemble du continent. Il chante l’extraordinaire vent de liberté qui y souffle, lui fervent royaliste s’émerveille des succès de la démocratie américaine.

C’est dans ces paradoxes que réside le génie de Chateaubriand, loin de s’enfermer dans une vision subjective et biaisée des choses il est même capable de s’en affranchir. Par cette indépendance d’esprit il sera un homme politique formidable et visionnaire. Ainsi presqu’un siècle avant il pointe du doigts les trop grandes disparités qui existent entre le Etats du sud et du nord des Etats Unis et met en garde contre les risques de sécessions. Alors même que les Etats Unis ne font pas encore ¼ de leur surface actuelle !

Il nous dépeint également les tribus indiennes d’alors fait état des profonds liens qui unissent ces tribus et la France depuis la nouvelle France. Chateaubriand vit au milieu des Indiens et connait même des histoires d’amour avec certaines indiennes. Il atteint ainsi en compagnie d’une tribu les chutes du Niagara où il failli tomber. C’est de ces premières aventures que naquirent dans l’esprit de Chateaubriand ses premiers écrits René et Atala ou le génie du Christianisme.

N'ayant pas trouvé pas son passage et presque sans le sou, Chateaubriand rejoint la communauté d’immigrés français qui s’est formé en Angleterre. Ses années passées à Londres nous sont décrites comme étant miséreuses, toute l’aristocratie français en effet e vit à Londres pour la plupart dans le plus grand dénuement. Le jeune breton nous raconte combien il a souffert de la faim et du froid mais nous fait part également de son amour de l’Angleterre qui n’est pas sans lui rappeler cette France prérévolutionnaire. Il met en parallèle ce premier séjour avec son deuxième qu’il effectue cette fois en tant qu’ambassadeur et nous montre combien ces conditions de vie étaient dures. Il aborde toutefois cette période de sa vie avec beaucoup d’humour voire de sarcasme riant de son infortune et de celle de ses compagnons.

La puissance de Chateaubriand réside dans cette capacité d’être tantôt rêveur pragmatique, courageux, lâche, sinistre, drôle, magnifique, ridicule, orgueilleux, modeste d’assumer ses qualités et défauts et même de l’insuffler tout le long de son récit et ainsi le faire vivre.

 

FUN FACTS:

  • La mort de Chateaubriand. Sur la tombe de Chateaubriand est écrit ce texte, ""Un grand écrivain français a voulu reposer ici pour n'y entendre que la mer et le vent, passant respecte sa dernière volonté". Ce texte met en relief le lien indéfectible que Chateaubriand nouait avec sa terre natale, Saint-Malo et avec la mer. On peut même faire un comparatif entre la tombe de Chateaubriand et sa personne. La tombe est solitaire, Chateaubriand est solitaire, elle a de la hauteur, Chateaubriand avait de la hauteur et elle regarde la mer, Chateaubriand est un marin. Flaubert lors de sa visite de la tombe de Chateaubriand ajoute qu' "il dormira là dessous, la tête tournée vers la mer". 

  • Chateaubriand rédige avant les mémoires d'Outre-Tombe des esquisses qui s'intitulaient "les mémoires de ma vie". 

  • Dans la bibliothèque de Chateaubriand se trouvaient des livres de tout genre, des livres de voyage, de théologie et des livres de l'antiquité romaine.