dimanche 5 décembre 2021

Le tatoueur d'Auschwitz- Heather Morris

 "Les prisonniers ici ne ressemblent plus à des humains. Plutôt à des marionnettes abandonnées par leur marionnettiste". 

Auteur: Heather Morris

Genre: Roman

Edition: J'ai lu

Date de publication: 2018

Nombre de pages: 300

Synopsis: Ce roman raconte l'histoire de Lale, un jeune juif qui a été emmené dans un camp de concentration en Pologne, très vite ce dernier devient le Tatoueur d'Auschwitz, un rôle du côté des nazis, des marionnettistes. Mais face à son destin Lale devait choisir, choisir de mourir en renonçant à ce poste ou choisir de collaborer afin de survivre. Un jour, Lale rencontre une jeune fille, Gita, une juive qui l'a fasciné dès le premier instant, leurs yeux se sont rencontrés et leurs destins se sont liés. Ce livre raconte non seulement les horreurs que vivaient les juifs dans les camps de concentration mais met aussi en relief les défis auxquels devaient faire face les prisonniers, les choix qu'ils devaient faire pour vivre, quitte à faire des choses dont ils ne sont pas fiers et qui les marqueront à jamais. 

Mon avis:

"Choisir de vivre, c'est un acte de défi, une forme d'héroïsme". Pour moi, cette phrase résume parfaitement bien ce livre magnifique. En effet, c'est la morale que l'on retient de ce roman, le fait que l'homme choisit son destin, le fait que l'homme doit choisir de vivre dans l'atrocité ou de mourir afin d'avoir la paix. Il y a une différence entre le fait de vivre pour survivre ou de mourir pour fuir. Ici, le personnage principal ainsi que de nombreux personnages secondaires choisissent de survivre dans l'atrocité, dans l'horreur, dans la peine, dans l'angoisse, dans le désespoir. 

"Celui qui sauve une vie, sauve l'humanité entière, dit Lale doucement, plus pour lui-même que pour les autres". Dans ce roman, Lale, tatoueur d'Auschwitz travaille au nom et pour le compte des nazis, des criminels, on est tenté de le haïr, de le traiter de collaborateur mais ce qui le sauve c'est le fait qu'il va tirer profit de ce poste pour aider de nombreuses victimes à s'échapper, à se nourrir, à vivre mieux. "On m'a donné le choix de participer à la destruction de notre peuple, et j'ai choisi de le faire pour survivre. J'espère qu'un jour je ne serais pas traité de criminel ou de collaborateur". 

J'ai été particulièrement séduite par le style d'écriture de l'auteur, c'est une écriture fluide, sensible, délicate, simple. Et comme on le dit souvent c'est la simplicité qui fait la beauté, et je trouve qu'il n'y a rien de plus transperçant de raconter des horreurs avec des mots simples, des mots poignants, tranchants, d'un coup sec. 

"Quand elles sont arrivées au camp, elles n'étaient encore que des jeunes filles, et maintenant, bien qu'aucune n'ait encore atteint l'âge de vingt-et-un ans, ce sont des femmes brisées, abîmées. Il sait qu'elles ne deviendront jamais les femmes qu'elles étaient censées devenir. leur avenir a ete compromis, elles ont ete déroutées et ne pourront plus jamais suivre le meme chemin. La vision qu'elles avaient d'elles avant, en tant que filles, seours, épouses, mères, travailleuses voyageuses, amantes, sera désormais marquée à jamais par ce qu'elles ont vu et enduré". Ce passage est pour moi le plus marquant de ce roman. Il décrit à la perfection les conséquences dévastatrices qu'a eu ce massacre, cet enlèvement, ce soulèvement. La violence peut être un frein à la vie et même un tournant fulgurant qui efface le passé comme s'il n'avait jamais existé. Ici, les jeunes femmes qui ont été emmener au camp en ressortent anéanties dans tous les sens du terme, elles ressortent détruites, irréparables, le coeur lourd, la tête sur les épaules qui a de la peine à faire porter le corps, le visage éteint, les yeux tristes, le coeur détruit. Auschwitz a prit avec lui des centaines de milliers de jeunesses, des centaines de milliers d'avenirs et des centaines de milliers de sourires. 

"Sous un ciel de plomb, des prisonniers défilent à l'entrée du camp d'Auschwitz. Bientôt ils ne seront plus que des numéros tatoués sur le bras. C'est Lale, un déporté qui est chargé de cette sinistre tâche. Il travaille le regard rivé au sol pour éviter de voir la douleur dans les yeux de ceux qu'il marque à jamais. Un jour, pourtant, il lève les yeux sur Gita et la jeune femme devient sa lumière dans ce monde d'une noirceur infinie. Ils savent d'emblée qu'ils sont faits l'un pour l'autre. Mais dans cette prison où l'on se bat pour un morceau de pain et pour sauver sa vie, il n'y a pas de place pour l'amour. Ils doivent se contenter de minuscules moments de joie, qui leur font oublier le cauchemar du quotidien. Mais Lale a fait une promesse: un jour, ils seront libres, deux jeunes gens heureux de vivre ensemble. Deux personnes plus fortes que l'horreur du monde. L'histoire vraie d'un homme et d'une femme qui ont trouvé l'amour au coeur de l'enfer". 

FUN FACTS: 

  • Ce roman se base sur des interviews avec Ludwig (Lale) Sokolov, le tatoueur d'Auschwitz. 


samedi 30 octobre 2021

Les oubliés du dimanche- Valérie Perrin

"Pourquoi les choses arrivent-elles quand on ne les attend plus? Pourquoi tout est une question de moment?


Auteur: Valérie Perrin

Genre: Roman

Edition: Poche

Date de publication: 2015

Nombre de pages: 384

Synopsis: Ce roman raconte l'histoire des "oubliés du dimanche". Ces oubliés du dimanche sont tout simplement les retraités qui vivent dans des maisons de retraite et qui sont seuls, abandonnés par leurs familles qui ne leur rendent jamais visite. Valerie Perrin à travers ce roman nous fait ressentir un tas d'émotions, elle nous partage la détresse et le manque que ressentent ces retraités, elle nous partage leur jeunesse et plus partiuclieremnt la jeunesse d'Hélène, une retraité qui a eu une longue vie, pleines de déceptions et de moments de bonheur, pendant la seconde guerre mondiale avec son mari Lucien. Valérie Perrin met en scène un personnage atypique, Justine, une jeune femme de 21 ans qui dédie sa vie pour les autres, pour ces personnes âgées, elle écoute leur histoires avec attention et c'est grâce à cette écoute qu'elle arrive à leur sauver le peu de vie qu'il leur reste. 

Mon avis:

Ce roman est un bijou. Je suis tombée sous le charme de ce livre, remplit de leçons de vie, de passion, de jeunesse, de vieillesse, de souvenirs, de remords, de questionnements, de réponses, de mensonges, de vérités  de doutes, de bonheur et d'amour. 

Valérie Perrin m'a subjugué de par sa plume si délicate. En effet, comme tous ces autres livres, elle écrit de manière tellement simple mais si réaliste, si fluide, on passe un bon moment en lisant ce livre, les phrases sont simples et s'enchainent. La construction du roman est aussi très intéressante, les changements entre le passé, le présent et le futur nous donne goût à cette lecture, on a envie de savoir ce qui c'était passé, ce qui se passe et ce qui se passera avec impatience. 

Ce que j ai aimé dans ce livre et qui m'a touchée c'est l'histoire d'Hélène et de Lucien, je pense que je n'ai jamais lu une histoire d'amour aussi belle et intrigante. Comment deux personnes qui ne recherchent aucunement l'amour et qui le fuit finissent par se trouver de façon tout à fait inattendue et il a suffit d'une rencontre pour changer chacune de leur vie respective. Désormais, Hélène n'est plus cette fille timide, qui n'a pas confiance en elle et qui se cache derrière la couture, elle est une femme, une femme qui peut plaire, une femme de caractère, une femme amoureuse de l'amour que son amant lui porte. Quant à Lucien, il n'est plus ce garçon introverti, dégoûté de l'amour suite à la séparation de ses parents, ce n'est plus un garçon triste, désespéré, déprimé, c'est un homme qui aime de tout son coeur et qui est prêt à tout par amour. 

Justine m'a intriguée. Je trouve qu'on apprend à la connaitre tout le long du roman. C'est une femme forte, drôle, intelligente qui n'aime pas se rattacher aux gens ou aux choses parce qu'elle a trop peur de souffrir par la suite. Elle vit pour les autres et plus particulièrement les retraités qui l'aident à s'évader de sa triste réalité. Elle leur offre son écoute et son attention en échange d'histoires étranges, folles, pleines de passion et de tristesse. Ce roman est un roman qui ne laisse personne indemne, personnellement à pleins de moments il m'a mit les frissons, m'a chamboulé, m'a attristée, m'a remonté le moral, m'a attendrie, m'a passionné. C'est un roman qui parait bizarre et déprimant aux premiers abords mais qui qui est au contraire une hymne à la vie, à la joie, au bonheur perdu puis retrouvé, à la solidarité et à l'amour. L'étendu d'un amour que l'on peut porter pas seulement à son amant, à son amante, à sa femme , son mari, son ami, sa soeur, son frère, sa famille mais aussi un amour entre les retraités et les aides soignants. Un amour inconditionnelle qui met vraiment en relief le sens du mot "don de soi". Une aide soignante se donne aux retraités, elle est là au bon moment, quand il faut, elle est là pour combler le vide de l'absence d'une présence. 

Je conseille ce roman à toutes les personnes qui souhaitent rentrer un peu plus dans la vie de ces retraités, qui souhaitent rentrer dans une histoire d'amour pas comme les autres, une historie d'amour qui a perduré malgré les épreuves de la vie et qui perdurera toujours dans la mémoire de ceux qui ont pris la peine de l'écouter. 

FUN FACTS:

  • Les oubliés du dimanche a gagné le prix choix des libraires littérature en 2018. 


dimanche 3 octobre 2021

Juste la fin du monde- Jean-Luc Lagarce

"Je me réveillais avec l'idée étrange et désespérée et indestructible encore qu'on m'aimait déjà vivant comme on voudrait m'aimer mort sans pouvoir et savoir jamais rien me dire". 

Auteur: Jean-Luc Lagarce

Genre: Pièce de théâtre

Edition: Éditions classiques 

Date de publication: 1990

Nombre de pages: 

Synopsis:Cette pièce de théâtre raconte l'histoire d'une famille, plus particulièrement d'un homme de 34 ans qui retourne auprès de sa famille après une longue absence. La visite de Louis va chambouler toute la famille, son frère Antoine qui va être dans tous ses états, Suzanne, sa soeur, qui ne se rappelle même plus de lui mais qui va lui mettre sur le dos son malheur et la mère qui malgré l'abandon de Louis va toujours l'aimer, c'est l'amour inconditionnel que porte une mère pour son enfant.


Mon avis:

Cette pièce de théâtre est une véritable oeuvre d'art. Ça peut paraitre exagéré pour certains mais c'est vraiment mon ressenti. Je n'ai jamais lu une pièce de théâtre avec une liberté d'interprétation aussi grande. Démunie de toute didascalie, cette dernière n'évoque jamais les expressions des visages des personnages, ni l'extériorisation de leurs émotions, c'est au lecteur d'imaginer tout cela. 

Ce que j'ai aimé dans cette pièce de théâtre c'est le sujet. Le fait qu'un enfant qui n'a pas vu sa famille pendant longtemps revient comme si de rien n'était, comme si rien n'avait changé alors que son départ a marqué chacun des membres de sa famille, son frère, sa soeur et sa mère ont souffert de son abandon toute leur vie. 

Antoine, le frère de Louis est un personnage très intéressant, je trouve que c'est celui qui porte le plus le poids du départ de Louis, c'est lui qui s'est senti responsable de sa famille suite à l'abandon de Louis, c'est lui qui depuis son plus jeune âge fait exprès de s'effacer, de se mettre en retrait pour laisser la place à Louis, plus timide, plus renfermé, il a renoncé très tôt à l'amour de ses parents et il en subit les conséquences jusqu'à aujourd'hui. Suzanne quant à elle, la soeur de Louis ne l'a jamais connut mais a toujours vécu dans l'espoir de l'avoir connu et maintenant qu'il est revenu elle lui en veut, elle lui en veut de l'avoir laisser tomber et elle rejette sur lui le fait qu'elle est malheureuse. 

La mère, elle, est une maman. Elle aime son fils malgré sa trahison, malgré son absence, elle l'aimera toujours. Elle a toujours essayé de le défendre, de justifier ses décisions égoïstes. Elle lui en veut mais en même temps elle le comprend, elle est contente de le revoir et elle veut profiter du peu de temps qu'il lui reste avec lui, de lui parler, de lui poser des questions, de comprendre qui il est au lieu de l'accabler et de lui faire des reproches à longueur de journée. 

J'ai beaucoup aimé aussi dans cette pièce la délicatesse des sentiments des personnages, on ressent dans leurs discours toute l'affection qu'ils se portent, tout les non dits, on les retrouve de manière indirecte. Chaque parole est un cri du coeur, chaque marque d'indifférence est une preuve d'amour et d'intérêt, chaque violence est une marque d'amour. Antoine, Suzanne et la maman aiment Louis du plus profond de leur coeur même si leurs paroles disent le contraire, même si on a l'impression que leur seule envie est qu'il quitte, on a l'impression que chacun d'entre eux au plus profond de leur coeur souhaite qu'il reste à leur côtés, qu'il rattrape le temps perdu, qu'il s'excuse de son absence. 

Mais Louis est un homme unique, qui est beaucoup trop introverti, on ne comprend pas ce qu'il pense, on ne sait pas ce qu'il ressent, il est là, il est passif, il regarde, il écoute, il parle parfois mais on ne ressens pas sa présence, on ne le connait pas, on ne le connait qu'à travers les reproches de ses proches. Mais on a jamais vu qui était le vrai Louis, on a pas eu accès à son intériorité, à ses pensées, à ses craintes, ses peurs. Il est inconnu aussi bien pour sa famille que pour le lecteur. 

FUN FACTS:

  • Juste la fin du monde est une pièce de théâtre écrite par Jean-Luc Lagarce à Berlin en 1990, dans le cadre d'une bourse Léonard de Vinci, alors qu'il se savait atteint du Sida. 


vendredi 1 octobre 2021

Lady Susan/ Les Watson/ Sanditon

"What harm could there be in returning smile for smile and in allowing the most charming man she had ever met to conquer the few remaining corners of her heart where common sense retained a last fleeting hold?"

Auteur: Jane Austen

Genre: Roman

Edition: archi poche

Date de publication: 1805/ 1817/ 1871

Nombre de pages: 297

Synopsis: Ce livre est divisé en trois parties, Lady Susan, un roman qui parle d'échanges de lettres entre lady Susan, une grande dame qui a une fille. Cette dernière souhaite tout faire pour que sa fille épouse un homme riche. Les Watson, un roman qui parle d'une famille et plus précisément d'Elizabeth qui est une femme qui n'est pas encore mariée et qui a été éduquée dans une famille riche depuis qu'elle est petite, elle ne va rencontrer sa famille qu'à l'âge de 19 ans et c'est là où elle va découvrir le monde et enfin Sanditon qui parle de l'histoire de Charlotte Heywood, jeune fille qui va secourir un couple qui est propriétaire de la plage à Sanditon et qui comme récompense va lui proposer de venir s'installer quelques mois chez eux pour qu'elle profite de la mer et de l'air frais. 

Mon avis:

J'ai beaucoup aimé ces trois romans. Ce qui me touche le plus dans ces trois romans c'est que deux d'entre eux n'ont jamais été terminés par Jane Austen. En effet, cette dernière est décédée avant d'avoir pu les achever. 

Lady Susan est un roman épistolaire où on comprend vraiment le rôle de la mère à l'époque. Cette dernière faisait plein de petites manigances afin que sa fille trouve un époux convenable. Cependant, elle ne voyait pas le bonheur de sa fille mais son profit à elle. C'est une femme certes respectable et admirée de tous, une femme indépendante, cultivée, éduquée, charmante et qui sait ce qu'elle veut et surtout comment l'obtenir  mais c'est aussi une femme très égoïste qui de par son manque de compassion n'a jamais réussit à gagner l'affection de sa fille qui avait peur d'elle et faisait tout pour ne pas la voir. 

Les Watson est un roman qui parle d'une jeune fille, Elizabeth âgée de 19 ans et qui va rencontrer pour la premiere fois sa famille qu'elle n'avait pas vu depuis qu'elle était née. Cette rencontre va être un tournant dans sa vie et va la pousser à découvrir le vrai visage des gens, notamment de son entourage, elle va faire face à des espérances, des déceptions et des chagrins d'amour. 

Sanditon est je pense le roman que j'ai préféré des trois. Certes, il n'a pas été achevé et l'histoire se finit brusquement, de manière bâclée mais j'ai vraiment plongée dans l'histoire. Dans ce monde, cette ville qui pour la premier fois dans les livres de Jane Austen est bordée par la mer. En effet, d'habitude les romans de Jane Austen ont lieu dans des paysages montagnards mais Sanditon a lieu dans une ville où il existe de nombreuses plages et où la mer est un élément essentiel. J'ai beaucoup aimé ce roman notamment pour la diversité des personnages, contrairement à d'autres livres de Jane Austen, on retrouve de nombreux personnages différents qui ont tous un rôle à jouer, ils n'évoluent pas tous autour du personnage principal Charlotte Heywood et on a envie de connaitre chaque personnage et de s'immiscer dans leur vie mystérieuses et intéressantes.

FUN FACTS:

  • Les Watson et Sanditon sont deux romans de Jane Austen qu'elle n'a jamais pu terminer. 

  • Sanditon est le dernier roman écrit par Jane Austen. Il n'a pas ete termine, il a ete mène aux dénouement par un autre écrivain, Marie Dobbs. 

samedi 18 septembre 2021

Confessions d'un masque- Yukio Mishima

"J'avais decidé que je pouvais aimé une jeune fille sans éprouver le moindre désir. C'était là sans doute l'entreprise la plus téméraire qu'ont eut vue depuis le début de l'histoire de l'humanité. Sans m'en rendre compte, je visais à devenir pardonnez-moi je vous prie, mon penchant pour l'hyperbole - un Copernic de la théorie de l'amour".


Auteur: Yukio Mishima

Genre: Roman 

Edition: Folio

Date de publication: 1949

Nombre de pages: 288

Synopsis: Ce roman raconte l'histoire de l'auteur Yukio Mishima, il raconte à travers ce livre sa lourde jeunesse en pleine guerre, il partage avec nous une part de lui même, une part qu'il a longtemps refoulée, son homosexualité. À travers ce roman il s'ouvre au monde, il retire son masque pour nous montrer son vrai visage. Il essaie à travers ce roman de convaincre le lecteur que l'homosexualité n'est pas un choix, c'est un destin, c'est inné. Ce roman nous montre aussi la pureté de l'amour japonais, combien lorsqu'un homme aime une femme il l'aime simplement, il n'a pas besoin d'artifices, de superficialité, une simple rencontre suffit à l'amour. 

Mon avis:

J'ai beaucoup aimé ce livre très particulier. C'est le premier livre que je lit de cet auteur et j'ai apprécié sa sensibilité. Je trouve que la sensibilité japonaise est très belle parce qu'en apparence les japonais sont très froids et secrets, ils ne laissent pas paraitre leurs émotions mais au fond d'eux-mêmes il existe un monde intérieure inimaginable. Ce que j'ai apprécié dans ce roman c'est la franchise de l'auteur, il nous livre toutes ses pensées, ses peurs, ses angoisses, ses désirs, ses envies, ses déceptions, ses questionnements et son conflit intérieur entre l'acceptation de son homosexualité et le rejet de son homosexualité pour être plus "normal", rentrer dans les normes. 

Je trouve que les japonais ont une façon particulière d'aimer. Ils aiment simplement et tendrement, on a l'impression que tout est facile et qu'il n'y a pas besoin d'artifices dans la relation, de superficialité, d'efforts. Un japonais tombe amoureux comme ça, simplement, lors d'une rencontre banale, avec une fille commune  et une conversation normale, il n'y a aucun critère physique posé de base ou aucunes histoire imaginée et crée de toutes pièces, une seule rencontre suffit.

Ce que je trouve très intéressant dans ce roman. C'est le fait que l'auteur ait fait une analyse sur l'homosexualité en nous partageant son conflit intérieur, on comprend que l'homosexualité n'est pas un choix, c'est un destin, c'est inné, c'est parfois subit comme un fardeau. L'autre subit son homosexualité dans une société qui ne l'accepte pas. L'auteur met en relief la complexité de l'homosexualité à travers la séparation qu'il fait entre l'amour, se traduisant comme un attachement purement désintéressé se rattachant spirituellement à l'âme de la personne, à son intellect, à sa façon d'être et le désir charnel, qu'il éprouve pour le sexe masculin. Ce désir sexuel est purement corporel, physique, à aucun moment l'auteur ne cherche à s'intéresser à l'autre sexe, à son intellect, à son âme, à sa façon de se comporter, à ses caractéristiques, ce qu'il recherche est uniquement l'attraction physique. 

J'admire cet auteur qui a consacré tout un livre pour s'exprimer sur une chose qui même de nos jours n'est pas forcément admise. Il nous livre ses pensées les plus intimes et nous fait part de sa lâcheté, de sa cruauté à certaines moments, de son manque d'ambition, de son manque d'attention. 

L'auteur a vécu sa jeunesse sans vraiment la vivre, il était passif à la vie, aux gens, à sa famille, à ses amis, il vivait comme pendant la guerre en attendant de mourir. Je conseille à tous le monde de lire ce livre qui évoque un sujet important, d'actualité, un sujet où les personnes ont du mal à en parler, où la société le nie et le rejette. Grâce à ces auteurs qui ont le courage d'en parler sans aucune honte ou peur, l'homosexualité réussit à être un sujet plus normal, un mal être qui ne devrait plus en être un et quelque chose de tout à fait naturel, quelque chose qui ne devrait plus faire l'objet de controverses ou de critiques incessantes ou de préjugés. L'homosexualité doit être acceptée comme Yukio Mishima l'a accepté après l'avoir longtemps rejeté et reniée, il a finit par comprendre qu'il jouait un rôle qui n'était pas le sien, qu'il portait continuellement le visage d'un autre, un masque qui ' enfermait, qui l'empêchait de vivre, qui le poussait à faire de mauvais choix qu'avaient des conséquences terribles et désastreuses pour les autres. 

En écrivant ce roman intitulé "Confessions d'un masque", Yukio Mishima a choisit de se libérer de son masque pour être lui-même face à lui-même, face aux lecteurs, face à son entourage et face au monde. Il a osé retirer son masque protecteur pour vivre dans l'instabilité mais heureux. Il a retiré son masque d'homme "normal" dans la société contre son masque d'homme homosexuel qui assume et qui est heureux et apaisé et soulagé d'un poids immense à porter continuellement dans la vie quotidienne de tous les jours en société.

FUN FACTS:

  • Ce roman est un roman autobiographique. 

  • Yukio Mishima s'est suicidé le 25 novembre 1970 à 45 ans, éventré d'un seppuku à la manière d'un samouraï. Sa mort était théâtrale. Mais ce suicide a figé dans la stupeur et dans l'effroi l'image d'écrivain sulfureux qu'il s'était construite contribuant à sa renommée mais éclipsant quelque peu son oeuvre. 





Les feux de l'automne- Irène Némirovsky

 "Moi? Ma devise désormais c'est "Dans la vie faut pas s'en faire". Les pires imprudences, les plus imprudences folies, je les accomplirai l'âme sereine, sur que rien n'agit sur rien et que tout continuera à rouler comme par le passé, tant bien que mal. Je ne crois plus aux catastrophes, puisque la dernière a avorté. Je ne crois plus au malheur , ni à la mort. L'humanité toute entière est dans l'état d'esprit d'un enfant à qui Croquemitaine a cessé de faire peur". 

Auteur: Irène Némirovsky

Genre: Roman

Edition: Folio

Date de publication: 1957

Nombre de pages: 280

Synopsis: Ce roman est divisé en trois parties. La première se déroulant pendant la Première guerre mondiale, la Deuxième se déroulant entre les deux guerres et la Troisième pendant la Seconde guerre mondiale. Je trouve ça très intéressant le fait que cet auteur a choisit de rédiger un roman sur une histoire qui s'étend tout le long des deux guerres, parce que les personnages vont revivre cette atrocité deux fois et vont apprendre des choses ces deux fois. Ce roman raconte l'histoire de deux personnages, Thérèse, une jeune femme qui a perdu son mari pendant la première guerre mondiale et qui cherche l'amour et Bernard, jeune homme combattant qui a été un héros pendant la Seconde guerre mondiale et qui une fois la guerre terminée a perdu l'envie de tout jusqu'à ce qu'il rencontre Thérèse. 

Mon avis:

J'ai beaucoup aimé ce roman. J'aime enormement les romans qui traite de la guerre. Je trouve que grâce à ces romans les générations qui n'ont pas vécu la guerre et qui la vivent qu'à travers les récits de ceux qui l'ont vécu ont la chance de revivre avec l'histoire de l'auteur ces moments terribles, tristes, remplis de desespoir.

Ce que j'aime dans ce roman c'est le fait qu'il soit divisé en trois parties. Je trouve qu'on retrouve vraiment une évolution des personnages notamment Bernard, qui à cause de la guerre a perdu quatre années de sa vie. Le fait d'étendre ce roman aux deux guerres nous aide à mieux comprendre les conséquences désastreuses de ces guerres sur le moral, sur la vie des combattants et surtout des jeunes combattants mais aussi sur la vie de leurs femmes et de leurs enfants. 

Ce qui m'a marqué dans ce roman c'est surtout l'histoire d'amour qui est mise en relief. L'histoire d'amour entre Thérèse, veuve, et Bernard, ancien combattant. Une histoire d'amour qui va naitre naturellement, et qui va se conclure par la force des choses. Malheureusement lorsqu'un mariage est conclut par un coup de tête, sans vraiment y réfléchir, et que les deux époux ne se connaissant pas assez, cela ruine le mariage d'avance, il n'y a aucune complicité, il n'y a pas encore d'amour. La derniere phrase du livre m'a énormément marquée, parce que c'est à la fin du livre que Thérèse réalise que Bernard lui appartient enfin, il n'a plus besoin d'aller voir ailleurs parce qu'il a tout perdu à cause de la guerre, il a perdu le goût de vivre, cette envie de rattraper le temps perdu, ce goût de l'aventure et de la découverte et de profiter de la vie. La guerre lui a prit son envie de vivre et Thérèse a retrouvé l'amour de son mari, un amour de dernier recours, un amour de désespoir, un amour salvateur et pure qui peut braver tout les obstacles de la vie. 


FUN FACTS:

  • Irène Némirovsky est une écrivaine russe.

  • Elle était juive et elle fut tuée à 39 ans à Auschwitz. Avec sa disparition dans les camps d'extermination cette écrivaine talentueuse et populaire tomba dans l'oubli. 



lundi 9 août 2021

Les plus belles histoires d'amour d'Hollywood, Humphrey Bogart

 "Elle avait tant de souvenirs, tant de bonheurs avec Bogie, que maintenant Betty ne se rappelait plus rien. Rien. Comme si cela n'avait jamais existé. Et pourtant un visage resterait sur les images, sur les écrans de tous les cinémas du monde: Humphrey Bogart". 

Auteur: Humphrey Bogart

Genre: Roman

Edition: Balland

Date de publication: 1981

Nombre de pages: 219

Synopsis: Ce roman raconte l'histoire de Humphrey Bogart, un des acteurs américains les plus connus. Il relate les histoires d'amour de cet acteur, ses histoires d'amour avec différentes femmes qui l'ont façonné et qui ont fait de lui ce qu'il était. Avec Helen, il se sentait protégé, avec Mary il sentait qu'il l'a protégeait, avec Mayo c'était la folie, l'ouragan, le cyclone, la tempête et avec Lauren Baccal c'était l'amour de sa vie, la simplicité, l'attachement, l'amour mais sans la passion. Avec elle, Humphrey a enfin comprit ce qu'était l'amour, le vrai, l'amour sincère, l'amour pur, l'amour simple. 

Mon avis:

Grâce à ce roman, j'ai appris à mieux connaître cet acteur. Cet acteur a l'apparence d'un dur, froid, violent mais qui n'est en réalité qu'un être tendre, doux et compréhensif. Je trouve que le fait d'écrire un roman sur un acteur nous aide à mieux le comprendre, à mieux comprendre son jeu d'acteur et les rôles qu'il interprète. 

Souvent un acteur choisit des rôles qui diffèrent totalement de sa personnalité, mais Humphrey, lui, choisissait toujours des rôles qui lui allaient à la peau, des rôles où il était lui même, cet être dur de l'extérieur et tendre à l'intérieur. De plus, ce que j'ai aimé aussi dans ce livre c'est le fait qu'il fait en quelque sorte l'éloge des femmes, on comprend que c'est grâce à ses différentes femmes que Humphrey a évolué, a grandit, a apprit ce qu'il voulait et ce qu'il ne voulait pas. 

Je connaissais cet acteur notamment dans deux films que j'ai vu, Casablanca et Sabrina et grâce à ce livre je l'ai encore plus apprécié, maintenant je peux voir ses autres films en comprenant ce qu'il vivait à l'époque, la femme qu'il avait épousé, l'état d'esprit dans lequel il se trouvait, sa façon d'être et de penser. Cet acteur est charismatique, il représente un peu l'homme de l'époque, un homme qui était ambitieux, qui se donnait les moyens d'arriver où il voulait, un homme séducteur qui pouvait avoir n'importe qu'elle femme qu'il voulait, un homme qui voulait avoir une carrière.

FUN FACTS: 

  • Le surnom de Humphrey Bogart était Bogie.