mardi 1 décembre 2020

Le Parfum- Patrick Süskind

"Jusque-là, il avait toujours cru que c'était le monde en général qui le contraignait à se recroqueviller. Mais ce n'était pas le monde, c'étaient les hommes. Avec le monde apparement, le monde déserté par les hommes on pouvait vivre". 

Auteur: Patrick Süskind

Genre: Roman

Edition: Livre de poche

Date de publication: 1985

Nombre de pages: 263

Synopsis: "Au XVIIIème siècle vécut en France un homme qui compta parmi les personnages les plus géniaux et les plus horribles de son époque. Il s'appelait Jean-baptiste Grenouille. Sa naissance, son enfance furent épouvantables et tout autre que lui n'aurait pas survécu. Mais Grenouille n'avait besoin que d'un minimum de nourriture et de vêtements, et son âme n'avait besoin de rien. Or, ce monstre de Grenouille, car il s'agissait bel et bien d'un genre de monstre, avait un don, ou plutôt un nez unique au monde et il entendait bien devenir, même par les moyens les plus atroces, le Dieu tout-puissant de l'univers, car "qui maitrisait les odeurs, maitrisait le coeur des hommes". 

Mon avis:

Ce livre a été un réel coup de coeur pour moi. Pourquoi? Tout simplement parce que c'est un livre très original et qui arrive à créer une ambiance dont on ne se lasse pas. Malgré l'ambiance macabre qui règne au fil du roman, c'est un roman unique qui porte en lui plein de leçons de vie. 

En effet, le personnage principal "Grenouille" est répugnant mais on arrive quand même à s'appitoyer sur son sort. Chaque homme a un lourd passé derrière lui qui a fait de lui ce qu'il est devenu, Grenouille n'est pas une exception à la règle, il a vécu dans un orphelinat, seul, sans parents, ne recevant aucune once d'amour ou d'intérêt, il a vécu comme un solitaire qui n'avait besoin de personne pour vivre. 

Suite à ce passé, Grenouille qui n'était pas un enfant comme les autres car il avait un don et un défaut, son défaut étant qu'il n'avait aucune odeur et son talent étant qu'il avait un nez merveilleux, il pouvait recréer des odeurs grâce à l'odorat et fabriquer des parfums uniques. 

Grenouille est l'exemple de l'homme arriviste qui fait tout ce qui est en son pouvoir pour arriver à ses fins et qui oublie l'existence des autres sur son passage. À force de vouloir devenir le roi du parfum, Grenouille est devenu seul au monde, il est devenu obsédé par une seule chose: le parfum. Ce parfum qui donne de l'exotisme à notre existence, ce parfum qui caractérise chacun de nous. Que ce soit notre parfum naturel ou le parfum que l'on a acheté pour sentir une odeur particulière. 

Grenouille est un homme complexé, complexé parce qu'il est différent malgré le fait qu'il a appris à exploiter cette différence pour en faire sa force, il a quand meme finis par réaliser qu'il ne voulait pas être comme il était. Il a toujours voulu être normal, commun, ordinaire. Il a passé sa vie à se chercher le parfait parfum pour ressembler à l'homme. On peut dire que Grenouille avait une quête dans sa vie, "devenir normal" mais il n'a jamais réussit à l'atteindre. Ce personnage quoique condamné à mort pour les crimes qu'il a commit reussit tout de même à s'échapper grâce au parfum qu'il a crée, il arrive donc à échapper à son destin grâce à son travail et à sa détermination. "Le parfum" est donc le sauveur dans cette histoire, c'est grâce à une odeur d'humain, la plus belle odeur qu'il existe au monde que Grenouille arrive à conquérir les hommes et de les séduire, le parfum est donc une arme de séduction dans ce roman. "Il en avait le pouvoir. Il le tenait dans le creux de sa main. Un pouvoir plus fort que le pouvoir de l'argent, ou que le pouvoir de la terreur, ou que le pouvoir de la mort: le pouvoir invisible d'inspirer l'amour aux hommes". 

J'ai beaucoup aimé l'éloge que fait Patrick Süskind du parfum dans ce roman. Je trouve que c'est fascinant comment il arrive à décrire chaque nouvelle odeur qui captive Grenouille, chaque particule et composante de cette odeur exquise et magique. Süskind arrive à transformer le Parfum en une combinaison entre la nature, ce qui est naturel donc l'odeur corporelle des hommes et le surnaturel, l'esthétique, la création humaine pour rendre le normal exquis. C'est ce contraste qui fait la beauté du roman, on est à la fois dégoûtés de la perception de Grenouille sur certaines odeurs mais on est quand même fascinés par son don de créer des parfums en utilisant uniquement son odorat. 

Patrick Suskind écrit de manière très particulière, j'ai beaucoup aimé son style d'écriture qui est simple, efficace tout en étant astucieux et fluide. Il écrit comme il respire, sans interruption. 

FUN FACTS: 

  • Le Parfum est inspiré de l'histoire de Manuel Blanco Romasanta, cet espagnol né en 1850, transformait la graisse de ses victimes en savon. 

  • Ce livre a été adapté au cinéma en 2006 par Tom Tykwer. 

  • Ce livre a connut énormément de succès, il a été écrit en 48 langues et a été vendu en 20 millions d'exemplaires. 




Suite Française Irène Némirovsky

"Ils se disaient que la raison, le coeur lui-même pouvaient les faire ennemis, mais qu'il y avait un accord des sens que rien ne pourrait rompre, la muette complicité qui lie d'un commun désir l'homme amoureux et la femme consentante". 

Auteur: Irène Némirovsky

Genre: Roman

Edition: Gallimard

Date de publication: 2004

Nombre de pages: 533

Synopsis: Ce livre dépeint l'exode de juin 1940 qui brassa dans un désordre tragique des familles françaises de toute sorte. Irène Némirovsky raconte deux histoires différentes qui se déroulent en France dans la France occupée de Vichy. des histoires mêlant plusieurs sentiments, que ce soit la tristesse, la colère, la peur ou l'amour. Le village de Bussy est contraint d accueillir des troupes allemandes, c est la que va naitre des tensions sociales et les frustrations des habitants se réveillent. Malgré ces tensions et cette haine commune entre les francais et les allemands, une histoire d'amour va naitre entre une francaise soumise et un colonel allemand qui va loger chez elle. À tout cela s'ajoute la musique, un élément essentiel de cette histoire d'amour, une note d'espoir sur des touches monotones et tristes de la vie pendant la guerre. C'est un roman bouleversant dévoilant l'état d'esprit de chaque français pendant l'occupation. 

Mon avis:

J'ai beaucoup aimé ce livre. Je trouve que l'auteur fait un travail fabuleux pour combiner à la fois réalités historiques et éléments de fictions. Dans ce roman, chaque phrase est un message. Un message de tristesse et de bonheur. C'est un livre remplit de contradictions. Qui y a t-il de plus contradictoire que de décrire à la fois des événements malheureux et des événements heureux dans une même période historique? 

En effet, dans ce livre on retrouve non seulement la misère que laisse la guerre sur son passage mais aussi de l'espoir, cet espoir se manifeste sous diverses formes. Sous la forme de la nature, toujours belle et au rendez-vous, sous la forme des choses simples de la vie, les choses auxquelles ont ne fait pas attention, comme les repas de famille ou les balades dans la nature, sous la forme d'un amour interdit mais passionnel, sous la forme d'une musique douce mais douloureuse. 

Ce livre m'a appris beaucoup de choses, il m'a appris le ressenti des français sous le régime de Vichy, ce sentiment de peur constante, d'incompréhension, d'angoisse, de regrets, de colère, de haine. Mais il m'a aussi appris à voir l'histoire autrement, pas seulement comme elle est racontée dan les livres d'histoires. À la voir aussi humaine, réelle. À la voir sous tous ses aspects, positifs et négatifs. 

Ce livre dépeint très bien le sentiment de peur que produit la guerre sur les hommes, un sentiment qui lui marquera à vie comme le montre ce passage très révélateur du livre, "les bottes... Ce bruit de bottes... Cela passera. L'occupation finira. ce sera la paix, la paix bénie. la guerre et le désastre de 1949 ne seront plus qu'un souvenir, une page d'histoire, des noms de batailles et de traites que les écoliers ânonneront dans les lycées, mais moi, aussi longtemps que je vivrai, je me rappellerai ce bruit sourd et régulier des bottes martelant le plancher". 


FUN FACTS:

  • Suite française a été adapté au cinéma par Saul Dibb en 2014. 

  • Ce roman a été inachevé suite à la déportation d'Irène Némirovsky à Auschwitz en 1942. C'est sa fille Denise qui a trouvé le livre dans la valise de sa mère et qui l'a publié en 2004, pensant que ce livre était un chef d'oeuvre. ce roman est donc un peu autobiographique, Irene peut être associé à la juive décrite dans le roman à la deuxième partie du roman.

  • Ce roman a reçu le prix Renaudot en 2004 et devient un best seller. 




lundi 16 novembre 2020

Great expectations- Charles Dickens

"Suffering has been stronger than all other teaching, and has taught me to understand what your heart used to be. I have been bent and broken , but I hope into a better shape". 

Auteur: Charles Dickens

Genre: Roman

Edition: Signet Classics

Date de publication: 1861

Nombre de pages: 490

Synopsis: Ce livre parle de l'histoire d'un jeune homme nommé "Pip", orphelin,  qui est apprenti fermier et vit avec sa soeur dans une modeste maison. Le plus grand rêve de Pip est de devenir un "gentleman" et de devenir riche et élégant. Jusqu'au jour où son rêve devient enfin réalité et il se retrouve du jour au lendemain en possession d'une somme d'argent qui va l'aider à devenir qui il a rêvé d'être toute sa vie. Ce livre est un mélange de crimes, de trahison, de revanche, de culpabilité, d'amour et de regrets. Pip, va rencontrer des personnages très différents tout le long de sa vie comme "Miss Havisham", une vieille dame très riche qui accueille Pip chez elle pour qu'il joue devant elle, 'Estella" qui est la petite fille adoptive de Miss Havisham et qui est éblouissante de beauté et Magwitch qui est un criminel. 


Mon avis:

J'ai beaucoup aimé ce livre pour plusieurs raisons mais la raison principale est le fait que ce livre m'a apporté une leçon de vie unique. En effet, ce livre commence par nous montrer les attentes d'un jeune homme qui rêve toujours d'aller plus loin et de devenir riche et élégant et il finis avec des déceptions. Comme quoi la vie n'est pas facile, il ne faut pas toujours avoir de trop hautes espérances parce que l'on risque de tomber de très haut. 

Ce qui m'a le plus marqué dans ce livre c'est la sagesse dont il fait preuve. En effet, ce roman peut paraitre simple, banal mais j'ai trouvé que cette banalité nous remmène à notre réalité. Le lecteur s'identifie à Pip, à ce jeune homme qui n'a qu'une seule ambition dans sa vie, devenir un gentlemen. On a tendance à croire que le personnage principal du roman est un héros. Pip, est tout le contraire d'un héros, c'est un anti héros qui a trop espérer jusqu'à oublier l'essentiel de sa vie, qui est l'amour de sa famille et de ses proches. À trop vouloir poursuivre ses rêves et vivre dans un monde auquel il n'a jamais appartenu, il a finit par négliger sa famille et ça lui a couté son bonheur. 

Ce que j ai aimé aussi dans ce livre c'est la relation entre Pip et Joe qui est le mari de la soeur de Pip. Cette relation est attendrissante et touchante. En effet, Joe n'a jamais oublié Pip, il ne l'a jamais abandonné, il ne lui a jamais reprocher quoique ce soit, il a toujours été là pour lui malgré la négligence de Pip à son égard. Pip quant à lui a toujours admiré Joe, depuis son enfance, c'était une figure paternelle pour lui étant orphelin, il prenait exemple sur Joe, il ne voulait que son bonheur. Malheureusement, avec l'argent et le snobisme, il l'a abandonné par honte mais ces deux âmes soeurs ont finis par se retrouver malgré tout en mettant leurs différences de côté parce que le lien qui les unit est plus fort que tout. 

J'ai beaucoup apprécié le style d'écriture de Dickens, le livre est agréable à lire et regorge de belles phrases et de leçons de morales implicites. On suit l'histoire sans être ralentit par des détails inutiles. Tout se tient, tout a un lien logique pour nous mener vers la vrai leçon de morale, qui est que les "Great expectations" peuvent nous détourner de notre vrai bonheur. 

Pip est un personnage intriguant, il est très attaché à l'image qu'il renvoie aux gens mais il ne change jamais son identité ou son comportement pour plaire aux autres. C'est un mélange de contradictions, il veut à tout pris être riche et quitter sa famille pour devenir gentleman mais il finit toujours par revenir à ses origines. Il est attiré par tout ce qui est inaccessible surtout en amour alors qu'il a tout ce dont il a besoin devant lui. Il est ambitieux mais il a peur de renier sa famille. Il est courageux mais à quand même peur de choses enfantines comme les fantômes. Il est tendre et loyal comme lorsqu'il rendait toujours visite à Miss Grisham qui ne fait même pas partie de sa famille ce qui montre son bon coeur mais il est lâche parce qu'il a honte de sa famille. 

L'histoire d'amour dans ce livre est très révélatrice. Pip tombe amoureux d'une jeune femme "Estela" qui n'appartient pas du tout au même milieu social que lui. Elle est riche, très belle et hautaine, elle a même un coeur de pierre. Lui, contrairement à elle, a un bon coeur, il est ordinaire, pas forcément beau (l'auteur choisit de ne pas le décrire dans le livre ce qui nous permet de nous attarder encore plus sur l'essentiel qui est sa personnalité et ses qualités et ses défauts). Il va tomber sous le charme de cette beauté froide parce qu'elle est inaccessible tout comme son rêve de devenir "gentleman". 

Enfin, ce livre est très agréable à lire et peut prendre la forme d'un conte vu qu'il regorge d'histoires un peu fantaisistes. Je ne regrette pas du tout ma lecture, c'est un des rares livres qui porte en lui une morale très réaliste sans qu'on la lise une seule fois dans le roman. Le lecteur la comprend par lui même sans que l'auteur n'ait à le lui dire. 


FUN FACTS: 

  • Charles Dickens voulait à la base écrire un livre comique et non pas dramatique. 

  • Dickens a écrit ce livre à une période très sombre de sa vie, il s'est séparé de sa femme.

  • "Estella" dans le livre ferait référence à la maitresse de Dickens qui a joué dans l'une de ses pièces "The Frozen Deep". 

  • Ce roman était publié sous forme de séries dans un journal jusque à être publié sous forme de roman en 1861. 

  • La fin a été écrite plusieurs fois, en effet, Dickens a montré la fin initiale à son ami qui l'a trouvé déprimante et qui l'a poussé à la changer. Dickens a donc changé la fin et  a  finit sur une note d'espoir et de romantisme. 

mercredi 11 novembre 2020

Ohashi, averse soudaine à Atake- Hiroshige (1857)

 

"Hiroshige est un merveilleux impressionniste"- Camille Pissarro


Hiroshige est originaire d'Edo, devenue Tokyo en 1868 après l'abandon de Kyoto comme capitale. "Ohashi, averse soudaine à Atake" appartient à sa dernière grande série d'estampes, "Cent vues d'Edo". 

Dans ce tableau qui est une gravure sur bois, Hiroshige choisit de faire apparaître la violence des orages d'été à travers un bokashi qui est une ligne de couleurs descendant en dégradé depuis le haut de l'impression. Ce dernier, a adopté une nouvelle maniere de représenter la chute de la pluie, il utilise deux blocs de bois dessinant des lignes et des couleurs variées et avec des couleurs légèrement différentes. 

Contrairement à d'autres artistes japonais qui s'inspirent de la perspective chère à l'Occident, il préfère recourir à un chevalet depuis un panorama élevé afin de donner l'idée de la profondeur. 

Ce dernier réussit à nous transporter dans cette toile qui est menaçante, sombre.

L'effet de la pluie est aussi très bien représentée grâce aux personnages qui sont recroquevillées sous leur chapeau et leur parapluie.

Ce qui nous marque sur cette toile c'est d'abord la sobriété des moyens, Hiroshige utilise qu'une gamme serrée de bleus traités en aplats, quelques notes d'ocre et de rouge. En effet, le relief est donné par les couleurs froides qui varient du clair au foncé. De plus, Hiroshige a choisit de représenter un pont coupé, on ne voit pas d'où il part ni ou il arrive. Ce qui met encore plus en valeur les personnages sur qui notre attention se porte instantanément. Hiroshige montre un instant, celui où ces pauvres personnages se font tremper dans la traversée d'un pont qui n'offre aucun abri. Cette façon de représenter un instant relève du mouvement impressionniste . 

Hiroshige a recours à la technique du "ukiyo-e" qui est un mouvement japonais qui consiste à représenter des "images du monde flottant" , elles ont pour sujets des divertissements hédonistes du "quartier des plaisirs" des villes principales. Ainsi, l'art du "ukiyo-e" repose sur des sujets populaires , titres du quotidien. 

Hiroshige met son art au service de la nature. Son objectif est de faire partager les émotions qu'il ressent devant un paysage. Il représente des moments fugaces que certains ne remarquent pas. Il s'intéresse beaucoup aux saisons, aux caprices du temps, aux nuages et aux brumes. 

Ce tableau a inspiré de nombreux peintres comme Van Gogh qui avait une passion pour les estampes japonaises. Il en a fait une copie, réinterprétée à sa manière.











vendredi 6 novembre 2020

Little Women- Louisa May Alcott

" I want to do something splendid... something heroic or wonderful that won't be forgotten after I am dead. I don't know what, but I am on the watch for it and mean to astonish you all someday". 

Auteur: Louisa May Alcott
Edition: Collectable Classics
Date de parution: 1868
Genre: Roman
Nombre de pages: 645

Synopsis: Ce livre raconte l'histoire de la famille March, une famille qui compte parmi elle quatre filles toutes différentes les unes des autres. On retrouve Jo, qui est un peu le garçon manqué de la famille, elle est ambitieuse, passionnée de littérature, elle rêve d être un grand écrivain un jour. Meg, qui est la fille romantique de la famille, elle s'occupe de ses petites soeurs et rêve de devenir riche. Beth, qui est une fille calme,  retrouve son bonheur dans son piano et dans ses chansons et qui est très timide et enfin Amy, qui a comme Jo un fort caractère et qui rêve d'être une artiste. 

Ces quatre filles sont élevées par leur mère à Massachusetts dans une petite maison, leur père servant à la guerre. Ce livre raconte des histoires de famille, de jeunes filles qui devinent matures avec le temps et regorge de leçons de morales qui s'appliquent aussi bien aux petits qu'aux grands. 

Mon avis: 

Ce livre est charmant et très agréable à lire. Malgré ses apparences de livres pour enfant, c'est un véritable chef d'oeuvre. 

Louisa May Alcott réussit le pari d'emporter le lecteur dans un autre monde, un monde authentique, chaleureux, remplit d'émotions. Dès les premières pages cet auteur m'a transporté dans ce monde merveilleux de la famille March. 

Ce qui est intéressant dans ce livre c'est la diversité des personnages. 

Jo est sans hésiter ma préférée. Garçon manqué, mordue de littérature, Jo ne se laisse pas démonter par les obstacles de la vie et ne se soucie pas des conventions de la société, elle agit par instinct, avec passion et determination. C'est une jeune fille qui a choisit de ne pas ressembler aux autres femmes de son époque, elle veut être, rester et devenir qui elle est vraiment. C'est un personnage précurseur du féminisme d'aujourd'hui. Ce personnage a marqué les esprits et les coeurs de par son inlassable persévérance, de par le fait qu'elle ne se laisse jamais influencée par les jugements des autres et de par le fait qu'elle veuille réussir par elle-même. 

Meg, quant à elle est le prototype de la fille romantique, élégante en toutes circonstances, rêvant d'un prince charmant et d'une famille avant tout. Elle est aussi attachée aux choses de valeur et a un penchant pour le luxe. Elle a un coeur tendre et pour elle la famille compte plus que tout. 

Beth est un petit ange, une petite fille qui restera toujours petite et délicate. Elle est douce, timide et a une âme d'artiste. Elle trouve son refuge dans son piano qui est son principal confident et malgré sa discrétion marque chaque personne qu'elle rencontre de par sa personnalité docile, son coeur aimant et son humilité. 

Amy, comme Jo, représente aussi la femme forte de l'époque. Elle souhaite être indépendante et faire quelque chose d'utile dans sa vie. Amy est aussi la fille March qui est la plus respectable en société, elle sait comment se comporter, apprend très vite et est féminine en plus d'être une grande dessinatrice. Malgré son caractère un peu égoïste et impulsif, Amy a eu l'humilité de reconnaître qu'elle n'était pas un génie en dessin, qu'elle avait seulement du talent et que le talent ne suffisait pas. Mais elle n'a pas baissé les bras pour autant, elle a toujours voulut explorer d'autres horizons afin de trouver le domaine qui lui correspond le plus. 

Mon coup de coeur est sans hésiter la Maman, "Marmee" qui est toujours là pour ses filles. C'est elle qui rend le livre cohérent, c'est elle le lien logique entre chacune de ses filles, c'est elle qui nous fait comprendre des choses, qui nous apprends des choses, qui nous enseigne des leçons de vie à travers les expériences de ses filles. C'est grâce à elle que j'ai particulièrement aimé le livre car sans elle, ses filles ne seraient pas tels qu'elles sont et elles n'auraient pas évoluer comme elles ont évoluées. Marmee c'est la sagesse incarnée, porteuse de bon conseil, elle sait écouter quand il le faut et elle sait surtout laisser place au silence quand il en est nécessaire. 

Sans oublier Laurie qui fait aussi de ce roman ce qu'il est. Ce personnage combine parfaitement bien les caractéristiques masculines et féminines. C'est un jeune homme protecteur, attentionné, gentlemen, rusé mais il cache en lui une véritable tendresse. Il est délicat et sensible, il se laisse porter par ses émotions et est vrai en toutes circonstances. Il apporte à ce livre une touche de fantaisie, de galanterie et de romantisme. Le duo qu'il forme avec Jo est incontournable, en voyant ces deux êtres ensembles, personne ne peut rester indifférent face à cette amitié remplie d'amour et de douceur. 

J'ai beaucoup aimé suivre le mode de vie de cette famille et surtout les escapades des quatre filles très soudées. L'amour que chacune porte pour l'autre donne envie et rend aussi ce livre très touchant. C'est ce lien très fort entre ces jeunes filles qui nous fait réfléchir à l'importance de conserver de bons liens de famille avec nos frères et soeurs. 

Ce qui m'a marqué dans ce livre ce sont les histoires romantiques. Elles ne sont en aucun cas clichées étant donné qu'il y en a trois, très différentes et qui se sont construites au fur et à mesure. À aucun moment on retrouve ce coup de foudre comme dans les films américains. Louisa May Alcott nous fait réaliser que l'amour ne nait pas en un jour, au contraire il est inattendu, imprévisible et n'est pas toujours facile. 

Ce livre est un coup de coeur. J'avais déjà vu le film avant de le lire donc je savais un peu à quoi m'attendre mais rien ne peut remplacer une bonne lecture. C'est en lisant le livre qu'on se rend compte de l'importance de chaque moment, de chaque scène, on se laisse emporter par ce monde de lettres et de mots qui nous émerveille au fil des pages. L'écriture est simple mais très sincère ce qui s'accorde totalement avec l'effet recherché par Louisa May Alcott lorsqu'elle a écrit ce roman, un effet de "chaleur" et de pur bonheur. 

FUN FACTS:

  • Louisa May Alcott ne voulait pas écrire "Little Women" au début. C'est sont éditeur qui lui a proposé d'écrire un livre racontant l'histoire de jeunes filles.

  • Louisa May Alcott a écrit "Little Women" en 10 semaines. 

  • Meg, Beth et Amy ont été inspirées par les soeurs de l'auteur. 

  • Le livre a été écrit en deux parties. La première partie s'intitulant "Little Women" publiée en 1968 et la deuxième partie intitulé "Good Wives" publiée en 1869. 

  • Le livre a été adapté au cinéma en 2019 par Greta Gerwig qui a reproduit le livre à l'identique tout en changeant quelques détails qui font toute la différence. Elle a rajouté une touche de féminisme au livre, notamment avec un magnifique dialogue entre Jo et sa mère. Elle a changé le caractère du Professeur Bhaer qui a été interprété par "Louis Garrel", ce dernier contrairement à celui du roman est beaucoup plus attirant que celui du livre, il est plus arrogant, plus jeune et plus mystérieux. J'ai de loin préféré le professeur allemand dans le film que dans le livre. 




samedi 31 octobre 2020

La symphonie pastorale- André Gide



 "Gertrude avait ceci de bien qu'elle ne faisait jamais semblant de comprendre, comme font si souvent les gens, qui meublent ainsi leur esprit de données imprécises ou fausses, par quoi tous raisonnements ensuite sont viciés". 


Auteur: André Gide

Genre: Roman

Date de parution: 1919

Edition: Gallimard

Nombre de pages: 151

Synopsis: Ce livre parle d'un prêtre qui a trouvé une jeune fille, aveugle, délaissé et seule suite au décès de la seule famille qui lui restait. Le prêtre a décidé de la recueillir chez lui pour lui consacrer son temps afin de rallumer la flemme dans son regard éteint. Malgré les obstacles qu'il a rencontré comme les plaintes de sa femme, la difficulté qu'il a eu d'éduquer Gertrude, de lui enseigner, d'obtenir d'elle un peu de reconnaissance, il a finalement réussit sa mission. Cependant, cette mission a menée à quelque chose d'autre, un sentiment. Un sentiment qu'il ne peut pas approuver pour cette fille, ce sentiment il s'agit de "l'amour". Ce sentiment qui vous remplit le coeur et qui vous le ronge en même temps. La vraie question que l'on se pose dans ce roman et qu'on découvre petit à petit est"Comment est né cet amour?


Mon avis:

Ce que j'ai aimé dans ce livre c'est la manière avec laquelle l'histoire est racontée. Les mots qu'emploie André Gide pour raconter cette histoire sont remplis de sincérité, de profondeur, de simplicité et de vécu. 

André Gide ne cherche pas seulement à raconter une histoire, il cherche à nous la faire ressentir, à nous la faire vivre. De par les descriptions qu'il fait des personnages, de leurs comportements, de leurs émotions, il cherche à nous captiver, à nous émouvoir, à nous faire réfléchir au sens de cette histoire. 

André Gide veut nous apprendre une leçon de vie. Il veut nous montrer que même les prêtres ont des vices, même les prêtres succombent à leurs sentiments, même les prêtres sont tiraillés entre le bien et le mal. Tout comme chaque être humain, les prêtres peuvent ressentir les choses, ce ne sont pas des murs de glace insensibles, ils peuvent ressentir les choses qu'ils ne veulent pas ressentir parce qu'elles contredisent les normes imposées par la société. 

Ce que j'ai beaucoup aimé dans ce livre c'est le réalisme dont il fait preuve. Les personnages sont tous des anti héros qui ont leur part de bonté mais aussi leur côté obscur, leur côté mauvais. L'être humain ne peut pas être parfait et ne pourra jamais être parfait, il sera toujours face à des dilemmes, que ce soit entre choisir le bien ou le mal, la raison face à la passion. L'homme est toujours face à des choix ultimes qui détermineront le reste de sa vie. 

Les personnages qui m'ont marqués sont le prêtre et Gertrude. Le prêtre a vraiment un très bon fond, il pense avec le coeur et non pas aux conséquences qui en suivent, il accepte d'accueillir chez lui une aveugle malgré les couts que cela inflige et les efforts qu'il devra lui et toute sa famille fournir. De plus, il n'est pas parfait, il succombe à sa passion et en oublie sa raison. C'est ça qui est interessant. Malgré le danger de ce qu'il ressent et le fait que ce soit malsain, on le comprend et on accepte sa décision, on peut ne pas être d'accord avec ses actions mais on ne le juge pas parce que chaque être humain a succombé à quelque chose de mal une fois dans sa vie. 

Gertrude quant à elle est remplie de sagesse malgré son très jeune âge, elle est aveugle et pourtant elle comprend mieux le monde que les autres. Elle arrive à être honnête en toute circonstances, à dire ce qu'elle pense, à révéler ce qu'elle ressent au plus profond de son coeur, elle réfléchit, elle analyse les choses et ne succombe pas à la superficialité qui l'entoure. 

J'ai beaucoup aimé ce livre parce qu'il ne raconte pas seulement une histoire, il nous fait vivre l'histoire. 

"Ceux qui ont des yeux sont ceux qui ne savent pas regarder". 

"Les plus belles oeuvres des hommes sont obstinément douloureuses". 


FUN FACTS: 

  • La symphonie pastorale est nommée après le nom de la sixième symphonie de Beethoven. 


vendredi 23 octobre 2020

Annonce: Fun Facts artistiques (nouvelle page)

Salut! Ça fait longtemps que je souhaite diversifier un peu mon blog, vous ne le savez peut être pas mais en plus de la littérature je suis très intéressée par l'art aussi. C'est pour cela que j'ai décidé de crée une page sur mon blog qui s'intitulera "Fun facts artistiques", j'écrirai sur cette page un petit article chaque mois où je vous présenterai des toiles de peinture avec une petite analyse dessus. J'espère que ça vous plaira! 

N'hésitez pas à consulter cette page!

J'espère que ça vous intéressera, n'hésitez pas à me donner votre interprétation personnelle de l'oeuvre, ça me ferai très plaisir de partager mon ressenti avec vous. 

Voici le premier article:

La composition VI de Vassily Kandinsky: (1913)




Kandinsky a préparé pendant six mois la Composition VI. Le thème principale de ce tableau est "l'apocalypse". Ce peintre est convaincu que le processus de création fait écho au cataclysme, puisque selon lui "l'acte de peindre est le heurt grondant de mondes différents destinés à créer dans et par leur combat le monde nouveau qu'on nomme l'oeuvre". 
Cette toile se démarque de par sa complexité, mélangeant les couleurs et les formes géométriques, on retrouve des couleurs vives et chaudes ainsi que des couleurs froides. On retrouve aussi des lignes, des diagonales et des cercles. Kandinsky appelle cette complexité du tableau la "musique intérieure". 

Le peintre assimile les couleurs à des émotions déterminées et ce dernier trouve que l'artiste ne doit pas forcément rechercher l'harmonie dans son oeuvre puisque la discordance peut refléter les conditions sociales et spirituelles modernes. 

Cette composition reflète la pensée de Kandinsky dans le sens où on observe de longues lignes solennelles qui la traversent et qui semblent en conflit mais maîtrisées par des ponctuations roses ou bleues. Ce conflit évoqué par des lignes diagonales nous laisse penser que le peintre a voulu montrer le dilemme intérieur qu'il ressent, il ne sait pas comment sortir du désespoir, il ne sait pas combien de temps le déluge va durer.

Les couleurs froides comme le brun à gauche du tableau évoque le désespoir qui est rallumé par des couleurs vives comme le jaune et le vert, pour montrer l'espoir après le déluge. 

Cette toile évoque un monde au bord du chaos. On peut relier ce chaos à la révolution qui s'était installée en Russie, le pays natal du peintre, en 1905. Kandinsky s'est donc inspiré de l'horreur de la violence pour créer un chef d'oeuvre. 

Ce que j'aime particulièrement dans cette toile c'est son esthétisme. On a envie de se plonger dans cette toile tellement elle nous montre du relief, que ce soit les couleurs, les formes géométriques ou les dessins, elle représente différentes émotions humaines. Chacun peut interpréter cette toile à sa manière, pour moi elle prend vraiment la forme d'une composition musicale. Mais pas n'importe quelle composition musicale, la composition musicale du coeur humain. C'est comme si le peintre avait déposé sur sa toile des notes de musique produisant chacune un son different mais qui ensemble produisent une véritable harmonie. Même si ce tableau est complexe il est harmonieux parce qu'il représente le chaos mais aussi la renaissance et on sait tous que les contraires s'attirent.