dimanche 3 octobre 2021

Juste la fin du monde- Jean-Luc Lagarce

"Je me réveillais avec l'idée étrange et désespérée et indestructible encore qu'on m'aimait déjà vivant comme on voudrait m'aimer mort sans pouvoir et savoir jamais rien me dire". 

Auteur: Jean-Luc Lagarce

Genre: Pièce de théâtre

Edition: Éditions classiques 

Date de publication: 1990

Nombre de pages: 

Synopsis:Cette pièce de théâtre raconte l'histoire d'une famille, plus particulièrement d'un homme de 34 ans qui retourne auprès de sa famille après une longue absence. La visite de Louis va chambouler toute la famille, son frère Antoine qui va être dans tous ses états, Suzanne, sa soeur, qui ne se rappelle même plus de lui mais qui va lui mettre sur le dos son malheur et la mère qui malgré l'abandon de Louis va toujours l'aimer, c'est l'amour inconditionnel que porte une mère pour son enfant.


Mon avis:

Cette pièce de théâtre est une véritable oeuvre d'art. Ça peut paraitre exagéré pour certains mais c'est vraiment mon ressenti. Je n'ai jamais lu une pièce de théâtre avec une liberté d'interprétation aussi grande. Démunie de toute didascalie, cette dernière n'évoque jamais les expressions des visages des personnages, ni l'extériorisation de leurs émotions, c'est au lecteur d'imaginer tout cela. 

Ce que j'ai aimé dans cette pièce de théâtre c'est le sujet. Le fait qu'un enfant qui n'a pas vu sa famille pendant longtemps revient comme si de rien n'était, comme si rien n'avait changé alors que son départ a marqué chacun des membres de sa famille, son frère, sa soeur et sa mère ont souffert de son abandon toute leur vie. 

Antoine, le frère de Louis est un personnage très intéressant, je trouve que c'est celui qui porte le plus le poids du départ de Louis, c'est lui qui s'est senti responsable de sa famille suite à l'abandon de Louis, c'est lui qui depuis son plus jeune âge fait exprès de s'effacer, de se mettre en retrait pour laisser la place à Louis, plus timide, plus renfermé, il a renoncé très tôt à l'amour de ses parents et il en subit les conséquences jusqu'à aujourd'hui. Suzanne quant à elle, la soeur de Louis ne l'a jamais connut mais a toujours vécu dans l'espoir de l'avoir connu et maintenant qu'il est revenu elle lui en veut, elle lui en veut de l'avoir laisser tomber et elle rejette sur lui le fait qu'elle est malheureuse. 

La mère, elle, est une maman. Elle aime son fils malgré sa trahison, malgré son absence, elle l'aimera toujours. Elle a toujours essayé de le défendre, de justifier ses décisions égoïstes. Elle lui en veut mais en même temps elle le comprend, elle est contente de le revoir et elle veut profiter du peu de temps qu'il lui reste avec lui, de lui parler, de lui poser des questions, de comprendre qui il est au lieu de l'accabler et de lui faire des reproches à longueur de journée. 

J'ai beaucoup aimé aussi dans cette pièce la délicatesse des sentiments des personnages, on ressent dans leurs discours toute l'affection qu'ils se portent, tout les non dits, on les retrouve de manière indirecte. Chaque parole est un cri du coeur, chaque marque d'indifférence est une preuve d'amour et d'intérêt, chaque violence est une marque d'amour. Antoine, Suzanne et la maman aiment Louis du plus profond de leur coeur même si leurs paroles disent le contraire, même si on a l'impression que leur seule envie est qu'il quitte, on a l'impression que chacun d'entre eux au plus profond de leur coeur souhaite qu'il reste à leur côtés, qu'il rattrape le temps perdu, qu'il s'excuse de son absence. 

Mais Louis est un homme unique, qui est beaucoup trop introverti, on ne comprend pas ce qu'il pense, on ne sait pas ce qu'il ressent, il est là, il est passif, il regarde, il écoute, il parle parfois mais on ne ressens pas sa présence, on ne le connait pas, on ne le connait qu'à travers les reproches de ses proches. Mais on a jamais vu qui était le vrai Louis, on a pas eu accès à son intériorité, à ses pensées, à ses craintes, ses peurs. Il est inconnu aussi bien pour sa famille que pour le lecteur. 

FUN FACTS:

  • Juste la fin du monde est une pièce de théâtre écrite par Jean-Luc Lagarce à Berlin en 1990, dans le cadre d'une bourse Léonard de Vinci, alors qu'il se savait atteint du Sida. 


1 commentaire:

  1. J'aime beaucoup ton avis. Je ne connaissais pas du tout mais tu donnes bien envie de la découvrir

    RépondreSupprimer